Bruit et surdité professionnelle

0

I. Introduction

Le bruit représente une nuisance importante en milieu du travail. Cette nuisance touche de nombreux secteurs économiques et activités professionnelles.

1. Selon l’enquête du Ministère du Travail : sur 13,5 millions de salariés, 21,3% déclarent ne pas pouvoir entendre une personne qui leur parle ou ne pouvoir l’entendre que si elle élève la voix. Plus d’un salarié sur 5 se déclare donc gêné pour communiquer avec un collègue, situé à proximité, ce qui permet de penser qu’un salarié sur cinq serait exposé à des bruits trop intenses.

2. L’enquête SUMER (Surveillance Médicale des Risques) menée par les médecins du travail montre que plus de 27% des salariés sont considérés par ces derniers comme exposés à des bruits excessifs, supérieurs à 85dB (A).

3. Les Maladies professionnelles: plus de 750 surdités professionnelles sont reconnues chaque année.

En 1997, 619 cas (statistiques CNAMTS , au 31/09/97) ont été déclarées au régime général de la Sécurité Sociale.

4. Le coût moyen d’une surdité professionnelle s’élève à 600 KF pour l’entreprise. La surdité professionnelle représente actuellement près 33% des rentes versées par la Sécurité Sociale pour la réparation de l’ensemble des maladies professionnelles.

Tableau : Evolution du nombre de surdités professionnelles provoquées par le bruit.

II. Quelques définitions

II.1. Définition du son

Le son est une sensation auditive engendrée par une vibration acoustique.

Son pur

Le son est pur quand la vibration acoustique correspondante est une fonction sinusoïdale du temps.

Il se caractérise par

sa fréquence
et son niveau sonore.

II.2. Le bruit: définition

Sur le plan psycho sensoriel: Les bruits sont des sons indésirables :
Le bruit est défini comme un son dépourvu de caractère musical, plus précisément comme un son gênant, indésirable.

Pour l’Organisation Internationale de Normalisation (ISO), le bruit est ” un phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme gênante et désagréable “.

L’Association française de normalisation (AFNOR) qualifie de bruit ” toute sensation auditive désagréable et gênante, tout phénomène acoustique produisant cette sensation “.

Sur le plan physique:
Il s’agit d’un ensemble de vibrations sonores, complexes, désordonnées, ayant un caractère aléatoire et n’ayant pas de composantes bien définies.

II.3. La fréquence:

Correspond au nombre de périodes par seconde, c’est à dire au nombre de vibrations complètes qui se produisent en 1 seconde. La fréquence s’exprime en Hertz (Hz).

La fréquence caractérise la hauteur du son.

Les sons de fréquence basse (vibrations inférieures à quelques centaines de Hz) sont perçus comme des sons graves, ceux de fréquence élevée sont perçus comme aigus. Ainsi, la hauteur d’un son est caractérisée par sa fréquence.

Le champ auditif ou le domaine des fréquences audibles s’étend de 20 Hz à 20 000 Hz (ou 20 KHz)

En pratique audiométrique et sonométrique, les fréquences s’écrivent le plus souvent en bandes d’octaves.: 32.5, 63,125,250,500,1000,2000,4000,8000,16000Hz.

Les fréquences conversationnelles : elles s’étendent de 500 à 2000 Hz
La sensibilité maximale de l’oreille : est comprise entre 1000 et 6000 Hz

II.4. Le niveau sonore:

L’intensité d’un bruit correspond à l’amplitude de la vibration acoustique. Le décibel (dB) unité relative, exprime le niveau sonore d’une source bruyante.

Le décibel (dB) : correspond à peu près au pouvoir sélectif de l’oreille permettant d’apprécier une variation d’intensité. Il constitue une bonne unité relative pour caractériser physiquement et physiologiquement les sons .

Le seuil de l’audition situe le niveau minimal d’intensité audible à une puissance liminaire, pour un sujet normal, de 10-12 W/m2, ce qui correspond à une pression de 2.10-5 Pascals (20 micropascals).

Le décibel A ou dB(A) permet de reproduire la sensibilité de l’oreille.

En effet notre oreille est plus sensible aux moyennes fréquences qu’aux basses et hautes fréquences. Pour tenir compte de ce comportement physiologique de l’oreille, les instruments de mesure (sonomètre, dosimètre) sont équipés d’un filtre dit ” de pondération A ” dont la réponse en fréquence est la même que celle de l’oreille. L’unité de mesure s’appelle alors le décibel pondéré A ou (dBA).

III. Les bruits en milieu du travail :

III.1. Types de bruit

En milieu du travail, il existe différents types d’exposition sonore qu’il faut prendre en considération lors de l’évaluation des postes bruyants

exposition à un bruit stable et continu ;
exposition à un bruit fluctuant de façon répétitive ;
exposition à un bruit fluctuant de façon imprévisible ;
bruit impulsionnel est un bruit consistant en une ou plusieurs impulsions d’énergie acoustique ayant chacune une durée inférieure à une seconde et séparées par des intervalles de durée supérieure à 0,2 secondes.
*Exemples : coups de marteau, chocs de presse manuelle, échappements libres d’air comprimé de vérins, tirs de pistolet de scellement.

1) Bruit stable 2) Bruit fluctuant répétitif 3) Bruit fluctuant imprévisible

III.3. Les niveaux d’exposition sonore à ne pas dépasser

Selon la réglementation en vigueur (Code du travail, art. R. 232-8-2), lorsque le niveau d’exposition sonore est supérieur à 85 dB(A) ou lorsque le niveau de pression acoustique de crête dépasse 135 dB, l’employeur doit prévoir une surveillance médicale, fournir des protecteurs individuels et informer les salariés sur les risques pour leur audition.

Lorsque les niveaux d’exposition sonore sont au-delà de 90 dB(A) ou le niveau de pression acoustique de crête dépasse 140 dB, l’employeur doit établir et mettre en oeuvre un programme de mesures de nature technique ou d’organisation du travail destiné à réduire l’exposition au bruit.

Le tableau ci-dessous donne les durées maximales d’exposition sonore quotidienne à ne pas dépasser, de façon à ce que le niveau d’exposition sonore ne dépasse pas 85 dB(A) pour 8 heures/jour.

III.4. La détermination du niveau d’exposition

Il s’agit de mesurer le bruit reçu. Le bruit reçu dépend de la nature des activités professionnelles et des circonstances de l’exposition au bruit des machines et équipements. Il varie en fonction de l’espace et du temps.

Deux indicateurs sont à prendre en considération.

III.4.1. Le niveau de pression acoustique de crête, Lpc est exprimé en dB. C’est la valeur maximale de la pression acoustique instantanée, observée durant une période de temps représentative de la journée de travail.

III.4.2. Le niveau d’exposition sonore quotidienne ou LEX,d est le niveau de bruit qui conduirait un salarié à recevoir, pendant 8 heures (durée habituelle d’un poste de travail) la même énergie sonore – donc à être exposé au même risque- que celle qu’il reçoit effectivement à son poste de travail pendant la durée réelle quotidienne de travail (qui peut être différente de 8 heures).

LEX,d : L pour level (niveau en anglais), d pour day (jour), EX pour exposition.

Cet indice est déterminé à partir du niveau sonore mesuré à l’aide d’un exposimètre ou d’un dosimètre intégrateur pendant une durée d’exposition T.

Calcul de l’Indice Précoce d’Alerte (IPA) : approche collective de l’évaluation du niveau d’exposition.

La norme NFS 31-081, nous permet de calculer l’IPA ou Indice Précoce d’Alerte. Il permet de définir un écart entre des pertes auditives d’un groupe témoin et celles d’un groupe de travailleurs exposés. Le caractère précoce de cet indicateur est lié aux choix des fréquences audiométriques utilisées pour effectuer ce calcul qui sont les fréquences pour lesquelles on observe habituellement les déficits auditifs maximaux : 3 kHz, 4 kHz, et 6 kHz.

IV. La nocivité du bruit :

Elle est liée :

IV.1. aux caractères du bruit :

la qualité du bruit
la pureté
l’intensité
l’émergence et rythme du bruit
durée d’exposition
l’association avec les vibrations
la qualité du bruit : les bruits de fréquence aiguë (hautes fréquences) sont, à intensité égale, plus nocifs que les bruits graves.

la pureté : un son pur de grande intensité est plus traumatisant pour l’oreille interne qu’un bruit à large spectre. Mais il faut noter que les sons purs sont peu fréquents en milieu industriel.

l’intensité du bruit : le risque de fatigue auditive et/ou de surdité professionnelle croît avec l’augmentation de l’intensité.

120 dB = le seuil de la douleur : un son très intense, au lieu d’être véritablement entendu, procure une sensation désagréable, puis douloureuse.120 dB constitue le seuil de la douleur, au delà de 120 dB les tympans peuvent subir des lésions importantes.
l’émergence et rythme du bruit: un bruit impulsionnel ayant un caractère soudain et imprévisible est plus nocif qu’un bruit stable et continu;

durée d’exposition : pour une même ambiance sonore, plus la durée d’exposition est élevée plus les lésions auditives de l’oreille interne seront considérables.

l’association avec les vibrations : l’exposition au bruit industriel associée aux vibrations aggrave le traumatisme sonore chronique.

IV.2. Aux facteurs individuels et à l’état fonctionnel .

L’âge : la fragilité cochléaire au bruit s’accroît avec l’âge ; elle devient plus marquée au-delà de 50 ans.

La susceptibilité individuelle; certains sujets sont plus fragiles que d’autres au bruit.

La fragilisation antérieure de l’oreille : elle peut être provoquée par des affections de nature microbienne ou virale, traumatique, toxique (ototoxiques médicamenteux ou industriels) ou être héréditaire (hypoacousie familiale).

L’état fonctionnel et aspects chronobiologiques (nyctémère).

V. Etiologie

Les principaux secteurs d’activité concernés par le bruit > _( dB(A).

– Métallurgie et transformation des métaux.
– Industrie du bois et du papier
– Construction , B.T.P.
– Industrie des produits minéraux
– Industrie des équipements mécaniques.
– Construction navale, aéronautique
– Construction ferroviaire
– Industrie automobile
– Industrie textile
– Editions, imprimerie,production
– Habillement, cuir ….
– Industries agricoles et alimentaires

VI. Les effets du bruit:

Le bruit a des effets directs sur l’audition: fatigue auditive, surdité professionnelle. Il a d’autres effets sur la santé et le travail, sans omettre les conséquences sur la vie sociale et familiale.

VI.1. Effets sur l’audition

1. La fatigue auditive:

Les problèmes commencent généralement par la fatigue auditive

La fatigue auditive c’est un déficit transitoire sur la fréquence 4000 Hz de la perception auditive lors d’une exposition à un bruit intense. Ce déficit est récupérable dans sa quasi-totalité en quelques heures après cessation de l’exposition au bruit lésionnel.

C’est le premier stade de l’atteinte auditive. Il suffit d’une exposition de quelques heures à un bruit intense pour que cette fatigue s’installe provoquant une baisse temporaire de l’acuité auditive. La fonction auditive normale est récupérée après une période variant entre 12 et 36 heures selon les individus et l’importance de l’exposition. A ce stade on peut parler de fatigue auditive.

2. La surdité professionnelle :

La surdité professionnelle évolue de façon lente et insidieuse en trois stades audiométriques et cliniques.

* 1er stade: Le scotome auditif irréversible aux 4000 Hz :

Dans un premier stade, le sujet ne se rend compte de rien, le déficit ne gêne pas sa vie relationnelle. Seule la zone des fréquences centrées sur 4000 Hz est touchée. C’est en effet aux 4000 Hz qu’apparaît une encoche ou scotome auditif. Ce trou auditif atteint 30 à 40 décibels de perte. Les fréquences adjacentes sont peu touchées, notamment dans la zone conversationnelle entre les fréquences 500 à 2000 Hz.

* 2ème stade: La période de latence:

A ce stade, l’encoche ou scotome auditif aux 4000 Hz s’approfondit jusqu’à 60 ou 70 dB(A). Elle s’élargit également les fréquences conversationnelles sont atteintes. Le sujet fait répéter, n’entend plus certains sons, surtout s’ils sont aigus, et.l’intelligibilité des mots devient difficile surtout s’ils sont courts ou monosyllabiques. Il ne comprend plus distinctement ce qui se dit surtout quand plusieurs personnes parlent. De ce fait, il commence à subir une gêne sensible dans sa vie sociale et professionnelle. De légers troubles tels que accouphènes, sifflements et sensation d’oreilles bouchées peuvent apparaître. l’audiogramme montre une aggravation du déficit auditif à 4000 Hz et extension de l’atteinte aux fréquences voisines de 2000 Hz et 4000 Hz.

* 3 ème stade : La surdité manifeste :

C’est la surdité profonde. La perte auditive atteint 100 voire 110 dB (A) à la fréquence 4000 Hz. Les fréquences adjacentes sont largement touchées. Le déficit auditif sur les fréquences conversationnelles est important : par exemple 70 dB (A) à 1000 Hz 40 dB (A) à 500 Hz, on note une perte sensible de l’audition de la voix. A ce stade le travailleur devient un handicapé sensoriel et professionnel.

3. Les caractères de la surdité professionnelle

Elle débute par un scotome auditif aux 4000 Hz.
C’est une surdité bilatérale et symétrique.
C’est une surdité de perception atteinte endocochléaire (lésions des cellules sensorielles de l’organe de Corti). Le seuil de la conduction osseuse doit être égal à celui de la conduction aérienne les courbes audiométriques CA et CO sont superposées.
L’existence du phénomène de recrutement.
Elle est irréversible ; le sujet ne récupère pas une fois la surdité installée, sauf à la phase initiale qui correspond à une fatigue auditive .
Elle est plus marquée en audiométrie vocale que tonale.
Elle n’est pas évolutive par elle-même : les lésions se stabilisent (sans récupération) lors de la cessation de l’exposition au bruit.

4. Le diagnostic différentiel

1) La sénescence : aggravation de la surdité même si arrêt de travail. Les lésions sont évolutives.

2) Traumatisme crânien : pas de stabilité non plus. Il y a en général récupération.

3) Surdité de transmission par processus suppuratif ancien : semble protéger l’organe de CORTI contre le traumatisme sonore.

4) Problème des affections simultanées ; exemple : sénescence + surdité professionnelle (fréquent)

à bénéfice du doute.

 

VI.2. Effets du bruit autres que la surdité professionnelle

1. Effets de masque : c’est la diminution de la perception d’un bruit donné par un bruit simultané plus intense défini comme ” bruit masquant “.

2. Effets extra-auditifs : le bruit est un stresseur professionnel.

Effets neuropsychiques et cognitifs
– céphalées, irritabilité, anxiété, troubles de l’humeur, troubles de la concentration, de la mémoire, altération des fonctions cognitives, diminution de la vigilance, troubles du comportement, baisse de l’adaptation aux tâches à exécution rapide.

– perturbation du sommeil : diminution du sommeil paradoxal, réveils nocturnes.

Effets cardiovasculaires :
– Modification du rythme cardiaque, augmentation de la F.C. (ì ), de la pression artérielle diastolique (ì ), de la fréquence respiratoire (ì ), vasoconstriction.

Effets digestifs : troubles peu spécifiques de type dyspepsique, hypersécrétion gastrique,
Effets visuels : vision nocturne perturbée, difficulté d’apprécier la profondeur, les contrastes, dilatation pupillaire…

Effets hormonaux : élévations des corticoïdes, des cathécolamines, tendance à l’hypoglycémie
– Conséquences sur l’activité de travail.

– Conséquences sur la vie sociale et familiale.

3. Les conséquences dans le travail

l’effet de masque peut entraîner des accidents de travail : gêne des communications, difficultés des relations interpersonnelles, non perception des signaux acoustiques de sécurité, inintelligibilité des consignes verbales d’alerte ou de danger.
isolement.
augmentation de la charge de travail (fatigue, pénibilité, anxiété)
troubles de l’attention, de la mémoire, de la concentration au cours d’un travail à dominante mentale ; augmentation des erreurs et des conduites opératoires erronnées ;
difficultés de relations inter-personnelles
augmentation des risques d’incidents et d’accidents du travail

4. Les conséquences sur la vie sociale, familiale

difficultés relationnelles (fatigue auditive, période de récupération)
comportement difficile, agressivité,
isolement par la surdité ( temporaire ou définitive)

VII. Prévention technique collectiveRéduction des bruits à la source

par action sur le processus opératoire et suppression des chocs
par revêtements amortissants des zones d’impact et de chocs
par réductions des frottements et lubrification des engrenages
par contrôle des écoulements des fluides et maintenance des flexibles et canalisations d’air comprimé
par optimisation de ventilateurs et traitement des gaines de ventilation
par un entretien préventif et régulier des machines
par encoffrement des machines bruyantes
remplacement des outils bruyants par des modèles munis de silencieux.
Réduction de la propagation du bruit

Réduction de la transmission du bruit par voie solide : isolation anti-vibratile par socle, ressorts, amortisseurs.
Réduction de la propagation aérienne du bruit : par écrans acoustiques avec revêtement absorbant
Diminution de la réverbération des locaux: par revêtement du plafond et des parois (murs) à l’aide de matériaux et de structures absorbants ; les matériaux poreux et fibreux sont les plus efficaces.
Organisation du travail

Isoler les salariés des sources de bruit (écrans, parois de séparation partielle, cabines ou box).
Eloigner les travailleurs des machines bruyantes, zonage acoustique permettant de réduire l’exposition des salariés aux bruits lésionnels.
Limiter la durée de l’exposition aux bruits dangereux.

VIII. Information, Formation , Signalisation

Les travailleurs dont l’exposition quotidienne sonore dépasse 85 dB (A) doivent avoir une formation et une information relative aux risques de l’exposition au bruit (Art. R.232-8-5 du Code du Travail).

La mise en place de la signalisation de locaux bruyants a pour objectifs :

Avertir les salariés du danger
Signaler que le port des protecteurs individuels est recommandé ou obligatoire
Réglementer l’accès des lieux où les niveaux sonores atteignent ou dépassent 105 dB (A).
IX. Protection individuelle des salariés

La protection individuelle doit être mise à leur disposition si LEX,d > 85 dB (A) ou Lpc > 135 dB et obligatoirement portée si les valeurs dépassent respectivement 90 dB (A) ou 140 dB. Il existe différentes sortes de protecteurs individuels passifs ou actifs :

protecteurs passifs : bouchons d’oreille, serre-tête, ou serre-nuque avec coquilles, casque enveloppant
protecteurs actifs : leur appareillage électronique produit un ” anti-bruit ” qui leur permet de réduire activement le bruit.
Pour un port continu, les bouchons d’oreille sont le plus souvent préférés et utilisés.
Pour certains travaux spécifiques, exposant à des chocs ou des bruits impulsionnels : les casques enveloppants sont les plus efficaces.
X. Le role du médecin du travail et prévention médicale

Rôle du médecin du travail

1. Donner un avis sur le document prévoyant le mesurage de l’exposition des travailleurs au bruit et sur le choix des protecteurs à utiliser.
2. Etablir une fiche d’aptitude médicale préalablement à l’affectation d’un travailleur à un poste bruyant.
3. Assurer la conservation de la fonction auditive des travailleurs exposés par une surveillance médicale spéciale
4. Conserver pendant 10 ans les dossiers médicaux après cessation de l’exposition au bruit.
5. Informer les travailleurs des résultats et de l’interprétation des examens médicaux auxquels ils ont été soumis.
6. Tenir les résultats non nominatifs des examens médicaux à la disposition du CHSCT, de l’inspection du travail et des services de prévention.
7. Participer à l’information et à la formation des travailleurs exposés au bruit.
8. Donner un avis sur les dérogations demandées par l’employeur à l’inspection du travail.
9. Participer à toute étude ou projet prévoyant la réduction de l’ambiance sonore excessive.

Surveillance médicale

La surveillance clinique et audiométrique doit comporter :

– un examen médical préalable à l’affectation à un poste de travail exposant au bruit. Il comprend une audiométrie liminaire tonale en conduction aérienne (CA) complétée en cas d’anomalie par un examen audiométrique complet tonal et vocal avec CA et CO.

– des examens médicaux et audiométriques périodiques : un examen médical annuel, un contrôle audiométrique tonal pratiqué dans l’année qui suit l’affection à un poste de travail exposé au bruit.

L’audiométrie de contrôle est à renouveler ensuite, indépendamment du fait que le travailleur porte des protections individuelles ; elle doit être modulée selon le niveau d’exposition sonore quotidienne des travailleurs (LEX,d) (arrêté du 31/01/89) :

tous les trois ans si le LEX,d est > 85 dB (A) mais inférieur à 90 dB (A) si le Lpc est < à
140 dB

tous les deux ans si le LEX,d est > 90 dB (A) mais inférieur à 100 dB (A) ou si le Lpc atteint 140 dB.
tous les ans si le LEX,d est > 100 dB(A).
Le dossier médical doit comprendre
– une fiche d’exposition (poste occupé, durée, mesurage) :

– le modèle des protecteurs individuels avec leur valeur d’atténuation du bruit ;

– la date et les résultats des examens médicaux.

Il sera conservé pendant dix ans après la fin de l’exposition.

XI. La réparation d’une surdité professionnelle

Les atteintes auditives d’une certaine gravité sont réparées dans le tableau n°42 du régime général et dans le tableau n°46 dans le régime agricole. La liste des travaux susceptibles de provoquer la surdité est limitative.

La durée minimale d’exposition est de un an, réduite à 30 jours en ce qui concerne la mise au point des propulseurs, réacteurs et moteurs thermiques.

Le délai de prise en charge est de un an après la cessation de l’exposition au risque acoustique.

Selon les prescriptions du tableau de réparation, la perte auditive doit être supérieure ou égale à 35 dB sur la meilleure oreille.

Le déficit audiométrique moyen de 35 dB est calculé en divisant par 10 la somme des déficits mesurés sur les fréquences 500, 1000, 2000 et 4000 Hz, pondérés respectivement par les coefficients 2, 4, 3 et 1.

Le déficit moyen sur la meilleure oreille doit être supérieur ou égal à 35 dB.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici