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cas cliniques

Discipline : Médecine du Travail Module : Conduite à tenir face à un accident d’exposition au sang ou à des liquides biologiques

Question : 202

Leçon : Conduite à tenir face à un accident d’exposition au sang ou à des liquides biologiques


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Pré-requis : leçons sur les accidents du travail et maladies professionnelles
Index : AES, HVB, HVV, VIH
Bibliographie :
Résumé : les étapes nécessaires à la prise en charge d’un accident du travail lié à l’exposition au sang ou tout autre liquide biologique.

1- Définition

Tout contact percutané avec du sang ou liquide biologique après une effraction cutanée causée par une piqûre ou coupure avec un instrument souillé.

La définition s’étend aussi aux contacts cutanéo-muqueux avec du sang ou liquide biologique sur une muqueuse non protégée ou sur une lésion cutanée préexistante autorisant la pénétration de l’agent infectieux. Le terme d’Accident d’Exposition au Sang (AES) regroupe habituellement cette contamination quel qu’en soit le liquide biologique et le mécanisme.

2- Conduite à tenir :

a) soins immédiats :

Ils sont urgents : – nettoyer à l’eau et au savon la piqûre, blessure ou projection sur peau lésée puis rincer abondamment et désinfecter longuement 3-5 minutes avec une solution de Dakin, l’eau de Javel diluée à 1/10, ou de l’alcool 70° ou BETADINE pure

– en cas de projection sur muqueuse ou yeux : rincer 10 minutes avec du sérum physiologique puis désinfecter avec un collyre antiseptique (yeux).

b) Evaluation du risque de contamination : A réaliser dans les 4 heures. Cette évaluation est conduite par un médecin réfèrent AES, dans le service des urgences de l’hôpital le plus proche en fonction : – du mécanisme et du type de blessure : piqûre ou coupure profonde = risque maximum – du matériel impliqué dans la contamination : aiguille creuse = risque maximum – de la nature du liquide biologique : sang = risque maximum – de l’absence de port de moyens de protection : gants, lunettes – de l’état clinique et sérologique du patient source ;

Si cela est possible : rechercher du statut sérologique VIH, VHB et VHC du patient dont le liquide biologique est source de contamination potentielle : ces données peuvent figurer dans le dossier du patient , sinon on pourra faire réaliser en urgence une sérologie VIH (test rapide confirmé ultérieurement par un test standard). Le consentement du patient est requis sauf dans des situations d’exception : patient inconscient, coma prolongé… où la circulaire d’avril 2003 prévoit la réalisation possible du test indépendamment du consententement sauf si, antérieurement, le patient s’y est opposé expressément).

Si l’évaluation du risque conduit à un risque réel de contamination VIH, une proposition de tri-thérapie peut alors être proposée : – Institution, au mieux dans les 4 heures qui suivent l’AES, d’une tri-thérapie de prophylaxie (AZT+ 3TC+ Inhibiteur de protéase) dispensée pour les 48 premières heures. – Réévaluation à 48 heures et poursuite éventuelle du traitement pour 4 semaines.

Ce lot de tri-thérapie de prophylaxie est réglementairement à disposition dans chaque service d’urgence en France. Il est dispensé par les médecins référents AES

3- Démarche médico-légale

Cette démarche associe : – Déclaration de l’accident de travail. – Le certificat médical initial doit bien mentionner le risque biologique. – Un recours au service de Médecine du travail pour s’assurer de l’immunité vis avis de l’hépatite B (Ac anti HBs) et permettre le suivi sérologique réglementaire de l’accidenté, selon le schéma suivant : – Ac anti VIH à J0-8 ; M3 ; M6 – Ac anti VHC à J0-8, puis surveillance ALAT, PCR VHC si risque de contamination VHC

– Ac anti VHB à J0-8 en l’absence de données sur l’immunité de la victime de l’accident vis à vis de l’hépatite B