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Introduction :
Les affections articulaires et péri articulaires professionnelles (MAPAP) constituent l’essentiel des maladies professionnelles (MP) déclarées et reconnues dans le régime général en France depuis une décennie. En effet si on groupe les lombo-sciatiques (TAB 98 & 97), les troubles liés aux gestes et postures (TAB 57) et les atteintes méniscales (TAB 79) dues à la position de travail accroupie, cet ensemble représente plus des 2/3 des MP. L’évolution de leur nombre s’effectuant plus vite que celui des autres MP cette prédominance numérique va encore s’accentuer dans les années à venir. Cette incidence constitue en soi un facteur propre. Cette évolution numérique s’analyse différemment pour les maladies des tableaux (97 & 98) qui sont récents (1999) et n’ont pas encore atteint leur profil de progression.

Physiopathologie :
Une des particularités de ces affections est liée à la nature de l’agent pathogène en cause. En effet dans la plupart des cas, c’est l’application de contraintes (forces / surface) soit trop importantes, soit mal réparties, soit trop prolongées, sur des structures anatomiques qui ne peuvent les tolérer sans lésion. Ainsi, le simple poids du corps en cas d’appui prolongé comprimant de façon permanente une structure anatomique peut provoquer un syndrome de la gouttière épitrochléo-olécranienne avec compression du cubital (57B). La répétition de mouvements avec contrainte de force soumet certaines structures anatomiques comme les tendons à des efforts trop importants ou à un travail de la force (F*d) excessif. C’est le cas des tendinites due à des mouvements alternatifs des fléchisseurs et des extenseurs des doigts (57C). Dans le cas des lombosciatiques par hernie discale, dues à la manutention manuelle de charges lourdes (TAB97), ce sont les moments des forces appliquées sur les disques et leurs directions qui sont responsables des lésions discales et de leurs conséquences neurologiques.

Epidémiologie :

Elle est marquée par trois évidences :

La plupart des auteurs conviennent qu’il existe une étroite association entre l’incidence de ces pathologies dans des populations de salariés et l’intensification du travail auquel ils sont soumis.

Evaluation du risque :
L’évaluation doit associer une étude mécanique des contraintes des postes. Celle ci doit être à la fois statique et dynamique. En effet, le même geste peut devenir pathogène si lors de son exécution des accélérations importantes sont mises en jeu pour des raisons de dynamique du mouvement. Mais il faut également prendre en compte les conditions du travail, de son organisation et notamment dans le temps (récupération, temps de pause, durée, rythme de travail, contraintes de temps, etc). L’intensification du travail peut également être le fait d’une organisation qui limite la nature des gestes effectués en augmentant leur répétition. De ce fait les sollicitations se concentrent anatomiquement et mécaniquement et mettent en jeu les mêmes structures avec les mêmes contraintes de même direction et d’intensité voisine.

Diagnostic : Le diagnostic est le plus souvent clinique par la mise en évidence d’une symptomatologie propre a la structure concernée. Il est toujours préférable de la compléter par des examens paracliniques spécifiques. Par exemple la mise en évidence d’une tendinite de la coiffe des rotateurs nécessite un examen physique soigneux à la recherche de signes dont l’association est très évocatrice : points douloureux à la palpation des sus et sous épineux, attitudes antalgiques, impotence de l’épaule (impossibilité d’élévation de l’épaule, le malade se peigne de l’autre coté). Cependant, il est recommandé surtout dans l’optique d’une réparation de le compléter par une imagerie adaptée arthroscanner.

Le syndrome du canal carpien professionnel n’a rien de spécifique, son diagnostic répond aux critères habituels cliniques mais il est préférable d’en objectiver les conséquences par un EMG qui mettra en évidence une modification des vitesses de conduction dans le territoire du médian.

Prévention : Ce domaine est par excellence celui des responsables de l’organisation du travail. En effet il faut intégrer dans une démarche préventive des modifications synergiques des conditions de travail. La mécanisation d’une tache par la mise à disposition d’un outil vibrant lourd nécessitant une force de préhension plus grande peut être une erreur. La diminution des temps morts pour plus de productivité peut faire exploser le nombre des MP.

Dans ce domaine, la prévention est principalement technique collective. L’amélioration du matériel et des postes en sont la base. L’écoute et la prise en compte des habitudes professionnelles sont une prudence même si elles ne sont pas toujours protectrices. La prévention des risques de la manutention manuelle fait l’objet d’un programme de prévention européen et d’une directive.

Réparation :
Le tableau 57 concerne les affections liées aux gestes et postures, selon leurs localisations et conditions de survenues. La liste limitative de travaux exposants ouvre l’accès en cas de défaut au système complémentaire. Les délais de prise en charge sont très variables selon les pathologies.
Le tableau 97 réduit la réparation aux cas de lombo-sciatiques ou de cruralgies par hernie discale de topographie concordante. C’est à dire qu’il convient de disposer d’une imagerie documentant la hernie (scanner) et de vérifier sa concordance topographique avec la symptomatologie. Des difficultés peuvent naître de certaines formulations (bombements, saillie etc) qui n’ouvrent pas les droits. De très nombreuses professions sont incluses dans la liste limitative de la colonne de droite du tableau.