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TETRACHLOROMETHANE
TETRACHLORURE DE CARBONE

I. Généralités

Le tétrachlorure de carbone est un dérivé chloré saturé des hydrocarbures aliphatiques dont le numéro CAS est le 56-23-5.
C’est un liquide incolore, d’odeur caractéristique éthérée.

Formule chimique : CCl4

Le tétrachlorure de carbone trouve son utilisation comme intermédiaire pour la fabrication de chlorofluorométhane. Sa vente au public est désormais interdite depuis le 31/12/95 en raison de sa toxicité environnemental (protocole de Montréal).

II. Propriétés physico-chimiques

Le tétrachlorure de carbone est un solvant volatil, dont les vapeurs sont 5 fois plus lourdes que l’air ; il est très peu soluble dans l’eau mais est soluble dans de très nombreux solvants organiques.
Stable dans les conditions normales d’emploi, à température ordinaire, il se décompose à la chaleur pour former de l’acide chlorhydrique, de l’anhydride carbonique, et du phosgène.

III. Propriétés cinétiques principales

L’absorption du tétrachlorure de carbone se fait par voie pulmonaire, digestive mais très peu à travers la peau (sauf quand celle-ci est lésée). Après inhalation, il est distribué dans le tissu adipeux, le foie, la moelle osseuse. Après une série de transformations métaboliques faisant intervenir une enzyme microsomiale, le tétrachlorure de carbone donne comme métabolites du dichlorocarbonyle, du monoxyde de carbone et du dioxyde de carbone entre autre.

Une partie (environ 70 %) est éliminée sous forme inchangée dans l’air exhalé, le reste est éliminé rapidement dans les urines et les fécès.

IV. Toxicité chez l’homme

Organes cibles : foie, reins, système nerveux central.

Toxicité aiguë En cas d’ingestion, le tétrachlorure de carbone entraîne des signes digestifs (nausées, vomissements), accompagnés d’une atteinte neurologique centrale souvent discrète. 24 heures à 48 heures plus tard, apparaissent les atteintes hépatique et rénale. L’atteinte hépatique est une cytolyse qui évolue rarement vers l’insuffisance hépatique, alors que l’atteinte rénale est une tubulopathie qui réalise une insuffisance rénale anurique souvent réversible après 3 à 15 jours. La survenue d’un OAP est fréquente, dû à la fois à la tubulopathie et à une atteinte directe de la paroi alvéolaire. En cas d’inhalation, le tétrachlorure de carbone peut induire de discrets troubles de conscience. Une hépatonéphrite peut survenir après un intervalle libre de 1 à 4 jours..

A dose massive, des atteintes cardiaques, surrénaliennes, pancréatiques et testiculaires ont été décrites.

Toxicité chronique Quelques cas de cirrhoses hépatiques et d’atteintes neurologiques centrales et périphériques ont été décrites. Comme tous les autres solvants chlorés, il est irritant au niveau cutané et ORL.

Sur le plan de la cancérogénicité, il est classé dans la catégorie 3 par l’union européenne et 2B par le CIRC.

V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l’exposition

  • VLE-VME : VME = 2 ppm, soit 12 mg/m3

    VLE = 10 ppm, soit 60 mg/m3

  • Biométrologie : IBE valeurs BAT : – CCl4 sanguin : 70 µg/l (fin de poste et fin de semaine)

    – CCl4 air alvéolaire: 1,6 ml/m3 (Une heure après la fin de l’exposition).

2) Surveillance médicale

Surveillance médicale Spéciale Il faut être particulièrement prudent quant à l’exposition des femmes enceintes, des éthyliques chroniques, ainsi que des personnes atteintes d’affection dermatologique, hépatique, rénale, neurologique ou psychiatrique.

Surveillance hépatique, rénale et neurologique.

VI. Conduite à tenir en cas d’urgence

En cas de projection oculaire ou cutanée, un lavage abondant pendant au moins 15 minutes de la zone projetée est préconisé. En cas d’ingestion importante, un lavage gastrique ou une aspiration après intubation trachéale est pratiqué si le patient est inconscient, sinon du charbon actif est administré. Par la suite, un traitement symptomatique des troubles est réalisé en milieu spécialisé.

En cas d’inhalation, il faut éloigner le sujet de la zone polluée avant d’envisager toute prise en charge.

VII. Réparation

TRG 11