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1,1,1 TRICHLOROETHANE
METHYLCHLOROFORME

I. Généralités

Le 1,1,1 trichloroéthane ou méthylchloroforme est un liquide incolore, volatil, d’odeur éthérée, légèrement perceptible à 100 ppm.
De formule chimique CH3-CCl3, il fait partie des dérivés chlorés saturés des hydrocarbures aliphatiques de l’éthane dont le numéro CAS est le 71-55-6.

Le 1,1,1 trichloroéthane trouve son utilisation dans : – le dégraissage des pièces métalliques ou en matière plastique – le nettoyage dans les industries textiles, électriques, électroniques…

– la formulation des colles, des aérosols, de mélanges de dissolvants et d’huiles de coupe…

Sa production et sa commercialisation sont arrêtées depuis le 31/12/95 en raison de sa toxicité environnementale (protocole de Montréal).

II. Propriétés physico-chimiques

Le 1,1,1 trichloroéthane est pratiquement insoluble dans l’eau mais miscible dans la plupart des solvants organiques. Par ailleurs, il dissout un grand nombre de substances organiques telles que les graisses, et les huiles…

La stabilisation du 1,1,1 trichloroéthane commercial est obtenue par addition de divers produits dont la quantité avoisine généralement 5 % : ce sont le 1,4 dioxanne, l’oxyde de 1,2 butylène, les nitro-alcanes, le méthyl 2propanol…

Pour des températures supérieures à 200°, il se décompose avec formation en particulier de chlorure d’hydrogène, de monoxyde de carbone, de dichlorure de carbonyle, de chlore et de tétrachlorométhane.

III. Données cinétiques principales

L’absorption du 1,1,1 trichloroéthane se fait essentiellement par voie pulmonaire ou orale. L’absorption cutanée est beaucoup plus limitée. Le trichloroéthane est en majeure partie éliminée par l’air expiré. Une faible fraction (moins de 10 %) est biotransformée avec production de trichloroéthanol et d’acide trichloroacétique (TCA) excrétés par voie urinaire.

La demi-vie du trichloroéthanol est 10 à 15 heures, celle de l’acide trichloroacétique est de 70 à 100 heures.

IV. Toxicité chez l’homme

Organes cibles : système nerveux central, cœur, foie.

Toxicité aiguë

L’ingestion de trichloroéthane entraîne des douleurs digestives, des nausées et vomissements. Par inhalation et selon l’importance de la concentration, les vapeurs de 1,1,1 trichloroéthane provoquent : – une irritation des muqueuses surtout oculaires et respiratoires, – des troubles de la conscience variables ( de la somnolence jusqu’au syndrome narcotique ).

A forte dose, des troubles cardiaques à type de fibrillation ventriculaire peuvent apparaître.

Toxicité chronique

Le contact répété au niveau de la peau par le 1,1,1 trichloroéthane provoque des dermatoses. L’exposition à des vapeurs de 1,1,1 trichloroéthane entraîne une irritation cutanée, oculaire et respiratoire. Comme tous les solvants chlorés, il peut entraîner également un syndrome psycho-organique. Des neuropathies sensitives, des syndromes de Goodpasture et une élévation des transaminases ont été décrits.

Sur le plan de la cancérogénicité, le 1,1,1 trichloroéthane est classé dans la catégorie 3 par le CIRC.


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l’exposition :

  • VLE/VME : VME = 300 ppm soit 1650 mg/m3 VLE = 450 ppm soit 2500 mg/m3
  • Biométrologie : Dans le sang, le dosage du trichloroéthanol a été proposé : son taux est bien corrélé au taux de trichloroéthanol urinaire et à l’intensité de l’exposition, il n’est cependant pas de pratique courante. Au niveau des urines, les concentrations des dérivés trichlorés (TCE et TCA urinaire) sont corrélées à la durée et à l’intensité de l’exposition. Ces dosages sont effectués en fin de poste et en fin de semaine de travail.
  • Indices biologiques d’exposition : (ACGIH et Valeurs guides utilisables en France) – TCE sanguin : 1 mg/l (fin de poste, fin de semaine) – TCE urinaire : 30 mg/l (fin de poste, fin de semaine) – TCA urinaire : 10 mg/l (fin de poste, fin de semaine)

    – 1,1,1 trichloréthane : 40 ppm dans l’air de fin d’expiration (avant le dernier poste de la semaine)

2) Surveillance médicale
Surveillance médicale spéciale. Il est nécessaire d’être vigilant chez les sujets présentant une dermatose, des lésions hépatiques ou rénales, et chez les éthyliques. Comme pour tous les solvants chlorés, une surveillance neurologique s’impose.

VI. Conduite à tenir en cas d’urgence

Le traitement est symptomatique. En cas de projection oculaire ou cutanée, un lavage abondant pendant au moins 15 minutes de la zone projetée est préconisé. En cas d’ingestion importante, un lavage gastrique ou une aspiration après intubation trachéale est pratiqué si le patient est inconscient, sinon du charbon actif est administré. Par la suite, un traitement symptomatique des troubles est réalisé en milieu spécialisé. En cas d’inhalation, il faut éloigner le sujet de la zone polluée avant d’envisager toute prise en charge.

VII. Réparation

TRG 12