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Décret n° 2003-296 du 31 mars 2003 relatif à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants

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Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité, Vu la directive 90/641 /EURATOM du Conseil en date du 4 décembre 1990 concernant la protection opérationnelle des travailleurs extérieurs exposés à un risque de rayonnements ionisants au cours de leur intervention en zone contrôlée ; Vu la directive 96/29 /EURATOM du Conseil en date du 13 mai 1996 fixant les normes de base relatives à la protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les dangers résultant des rayonnements ionisants ; Vu le code du travail, notamment les articles L. 231-1, L. 231-2 et L. 231-7-1 ; Vu le code de la santé publique, notamment les articles L. 1333-1 et suivants ; Vu le code de l’environnement ; Vu la loi no 61-842 du 2 août 1961 modifiée relative à la lutte contre les pollutions atmosphériques et les odeurs ; Vu la loi no 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ; Vu la loi no 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec l’administration, notamment l’article 22 ; Vu la loi no 2001-398 du 9 mai 2001 créant une Agence française de sécurité sanitaire environnementale ; Vu le décret no 63-1228 du 11 décembre 1963 modifié relatif aux installations nucléaires ; Vu le décret no 75-306 du 28 avril 1975 modifié relatif à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants dans les installations nucléaires de base ; Vu le décret no 82-397 du 11 mai 1982 modifié relatif à l’organisation et au fonctionnement des services médicaux du travail en agriculture ; Vu le décret no 86-1103 du 2 octobre 1986 modifié relatif à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants ; Vu le décret no 97-34 du 15 janvier 1997 relatif à la déconcentration des décisions administratives individuelles, modifié par le décret no 97-463 du 9 mai 1997 et par le décret no 97-1205 du 19 décembre 1997 ; Vu le décret no 97-1185 du 19 décembre 1997 modifié pris pour l’application à la ministre de l’emploi et de la solidarité du 1° de l’article 2 du décret du 15 janvier 1997 relatif à la déconcentration des décisions administratives individuelles ; Vu le décret no 2001-592 du 5 juillet 2001 relatif à la sûreté et à la radioprotection des installations et activités nucléaires intéressant la défense ; Vu le décret no 2002-254 du 22 février 2002 relatif à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ; Vu l’avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France en date du 17 novembre 1999 ; Vu l’avis de la Commission nationale d’hygiène et de sécurité du travail en agriculture en date du 24 janvier 2000 ; Vu l’avis de la commission interministérielle des installations nucléaires de base en date du 4 mai 2000 ; Vu l’avis du Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels en date du 12 juillet 2000 et du 5 décembre 2001 ;

Vu la communication adressée à la Commission de la Communauté européenne le 29 novembre 2002 ;

Le Conseil d’Etat (section sociale) entendu ; Le conseil des ministres entendu,

Décrète :

TITRE Ier

DISPOSITIONS MODIFIANT LE CODE DU TRAVAIL

Article 1

Il est créé au livre II, titre III, chapitre Ier, du code du travail (deuxième partie : Décrets en Conseil d’Etat), une section VIII ainsi rédigée :

« Section VIII

« Prévention du risque d’exposition

aux rayonnements ionisants

« Sous-section 1

« Champ d’application et principes de radioprotection

« Art. R. 231-73. – I. – Les dispositions de la présente section s’appliquent aux établissements mentionnés à l’article L. 231-1, dans le respect des principes énoncés à l’article L. 1333-1 du code de la santé publique, dès lors que des travailleurs sont susceptibles d’être exposés à un risque dû aux rayonnements ionisants :

« – résultant d’activités nucléaires soumises à un régime d’autorisation ou de déclaration en application de l’article L. 1333-4 du code de la santé publique ;

« – survenant au cours d’interventions mentionnées à l’article L. 1331-1 du code de la santé publique réalisées en situation d’urgence radiologique ou résultant d’une exposition durable aux rayonnements ionisants, telles que définies en application du 3° de l’article L. 1333-17 du même code.

« II. – Les dispositions de la sous-section 7 sont applicables aux établissements mentionnés à l’article L. 231-1 lorsque la présence sur le lieu de travail de radioéléments naturels, non utilisés pour leurs propriétés radioactives, entraîne une augmentation notable de l’exposition des travailleurs, par rapport au niveau naturel du rayonnement, de nature à porter atteinte à leur santé.

« III. – Les dispositions de la présente section s’appliquent à tout travailleur non salarié, selon les modalités fixées au III de l’article R. 231-74, dès lors qu’il existe, pour lui-même ou pour d’autres personnes, un risque d’exposition mentionné au I ou au II du présent article .

« IV. – Toutefois, les dispositions de la présente section ne s’appliquent pas aux expositions résultant des radionucléides contenus naturellement dans le corps humain, du rayonnement cosmique régnant au niveau du sol ou du rayonnement résultant des radionucléides présents dans la croûte terrestre non perturbée.

« Art. R. 231-74. – I. – Le chef d’établissement prend les mesures générales administratives et techniques, notamment en matière d’organisation du travail et de conditions de travail, nécessaires pour assurer la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles susceptibles d’être causés par l’exposition aux rayonnements ionisants résultant des activités ou des interventions mentionnées au I de l’article R. 231-73.

« II. – Lorsque le chef de l’entreprise utilisatrice fait intervenir une entreprise extérieure ou un travailleur non salarié, il assure la coordination générale des mesures de prévention qu’il prend et de celles prises par le chef de l’entreprise extérieure ou le travailleur non salarié, conformément aux dispositions des articles R. 237-1 et suivants. A cet effet, le chef de l’entreprise utilisatrice communique à la personne ou au service compétents en radioprotection, mentionnés à l’article R. 231-106, les informations qui lui sont transmises par les chefs des entreprises extérieures en application de l’article R. 237-4. Il transmet les consignes particulières applicables en matière de radioprotection dans l’établissement aux chefs des entreprises extérieures qui les portent à la connaissance des personnes compétentes en radioprotection qu’ils ont, le cas échéant, désignées.

« Chaque chef d’entreprise est responsable de l’application des mesures de prévention nécessaires à la protection de son personnel et, notamment, de la fourniture, de l’entretien et du contrôle des appareils et des équipements de protection individuelle et des instruments de mesures de l’exposition individuelle.

« Des accords peuvent être conclus entre le chef d’établissement et les chefs des entreprises extérieures ou les travailleurs non salariés concernant la mise à disposition des appareils et des équipements de protection individuelle ainsi que des instruments de mesures de l’exposition individuelle.

« III. – Le travailleur non salarié exerçant une activité visée au III de l’article R. 231-73 met en oeuvre les mesures de protection vis-à-vis de lui-même comme des autres personnes susceptibles d’être exposées à des rayonnements ionisants par son activité. A cet effet, il prend les dispositions nécessaires afin d’être suivi médicalement.

« Art. R. 231-75. – I. – Les expositions professionnelles individuelles et collectives aux rayonnements ionisants doivent être maintenues en deçà des limites prescrites par les dispositions de la présente section au niveau le plus faible qu’il est raisonnablement possible d’atteindre.

« II. – A cet effet, le chef d’établissement procède à une analyse des postes de travail qui est renouvelée périodiquement et à l’occasion de toute modification des conditions pouvant affecter la santé et la sécurité des travailleurs.

« En particulier, lors d’une opération se déroulant dans la zone contrôlée définie à l’article R. 231-81, le chef d’établissement, en collaboration, le cas échéant, avec le chef d’établissement de l’entreprise extérieure ou le travailleur non salarié :

« – fait procéder à une évaluation prévisionnelle de la dose collective et des doses individuelles que les travailleurs sont susceptibles de recevoir lors de l’opération. A cette fin, il fait définir préalablement par la personne compétente en radioprotection, désignée en application de l’article R. 231-106, des objectifs de dose collective et individuelle pour l’opération. A cet effet, les responsables de l’opération apportent leur concours à la personne compétente. Ces objectifs sont fixés au niveau le plus bas possible compte tenu de l’état des techniques et de la nature de l’opération à effectuer et, en tout état de cause, à un niveau ne dépassant pas les valeurs limites annuelles fixées aux articles R. 231-76 et R. 231-77 ;

« – fait mesurer et analyser les doses de rayonnement effectivement reçues au cours de l’opération pour prendre les mesures assurant le respect des principes de radioprotection énoncés à l’article L. 1333-1 du code de la santé publique. Lorsque la technique le permet, ces mesures sont effectuées de manière continue pour permettre une lecture immédiate de leurs résultats.

« Art. R. 231-76. – I. – La somme des doses efficaces reçues par exposition externe et interne ne doit pas dépasser 20 mSv sur douze mois consécutifs.

« II. – Les limites de doses équivalentes pour les différentes parties du corps exposées sont les suivantes :

« – pour les mains, les avant-bras, les pieds et les chevilles l’exposition reçue au cours de douze mois consécutifs ne doit pas dépasser 500 mSv ;

« – pour la peau, l’exposition reçue au cours de douze mois consécutifs ne doit pas dépasser 500 mSv. Cette limite s’applique à la dose moyenne sur toute surface de 1 cm², quelle que soit la surface exposée ;

« – pour le cristallin l’exposition reçue au cours de douze mois consécutifs ne doit pas dépasser 150 mSv.

« Art. R. 231-77. – I. – En cas de grossesse, les dispositions sont prises pour que l’exposition, dans son emploi, de la femme enceinte soit telle que l’exposition de l’enfant à naître, pendant le temps qui s’écoule entre la déclaration de la grossesse et le moment de l’accouchement, soit aussi faible que raisonnablement possible, et en tout état de cause en dessous de 1 mSv.

« II. – Les femmes allaitant ne doivent pas être affectées ou maintenues à des postes de travail comportant un risque d’exposition interne.

« III. – Les personnes âgées de seize à dix-huit ans autorisées lors de leur formation, dans les conditions prévues à l’article R. 234-22, à être occupées à des travaux les exposant aux rayonnements ionisants ne peuvent recevoir au cours de douze mois consécutifs une dose efficace supérieure à 6 mSv ou des doses équivalentes supérieures aux valeurs suivantes :

« – 150 mSv pour les mains, les avant-bras, les pieds et les chevilles ;

« – 150 mSv pour la peau. Cette limite s’applique à la dose moyenne sur toute surface de 1 cm², quelle que soit la surface exposée ;

« – 50 mSv pour le cristallin.

« Art. R. 231-78. – Les limites fixées aux articles R. 231-76 et R. 231-77 ne s’appliquent pas aux expositions subies par les travailleurs du fait des examens médicaux auxquels ils sont soumis.

« Art. R. 231-79. – Il peut être dérogé aux valeurs limites d’exposition fixées à l’article R. 231-76 :

« – au cours d’expositions exceptionnelles, préalablement justifiées devant être effectuées dans certaines zones de travail et pour une durée limitée, sous réserve de l’obtention préalable d’une autorisation spéciale, du respect des dispositions de la sous-section 5 et de la programmation des expositions individuelles, dans la limite d’un plafond n’excédant pas deux fois la valeur limite annuelle d’exposition fixée à l’article R. 231-76 ;

« – au cours d’expositions professionnelles de personnes intervenant dans une situation d’urgence radiologique définie en application du 3° de l’article L. 1333-17 du code de la santé publique, sous réserve du respect des dispositions de la sous-section 5 et de la programmation des expositions individuelles sur la base des niveaux de référence d’exposition fixés en application des dispositions précitées du code de la santé publique. Un dépassement de ces niveaux de référence peut être admis exceptionnellement dans le cadre d’opérations de secours visant à sauver des vies humaines pour des intervenants volontaires et informés du risque que comporte leur intervention.

« Art. R. 231-80. – I. – Les méthodes de calcul de la dose efficace et des doses équivalentes sont définies par arrêté des ministres chargés du travail, de la santé et de l’agriculture pris après avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

« Dans le cas particulier d’activités soumises à autorisation en application de l’article L. 1333-4 du code de la santé publique, et lorsque la connaissance des paramètres de l’exposition permet une estimation plus précise, d’autres méthodes peuvent être utilisées dès lors qu’elles ont été approuvées selon des modalités fixées par arrêté des ministres chargés du travail, de la santé et de l’agriculture, et qu’elles ont été soumises pour avis au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, aux délégués du personnel.

« II. – S’agissant de l’exposition externe, la mesure de référence utilisée pour vérifier le respect des valeurs limites repose sur la dosimétrie passive mentionnée à l’article R. 231-93.

« Lorsque les résultats de la dosimétrie passive et de la dosimétrie opérationnelle, mentionnée à l’article R. 231-94, ne sont pas concordants, le médecin du travail détermine la dose reçue par le travailleur en ayant recours, si nécessaire, à l’appui technique ou méthodologique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

« Sous-section 2

« Règles techniques d’aménagement des locaux de travail

« Art. R. 231-81. – I. – Après avoir procédé à une évaluation des risques et recueilli l’avis de la personne compétente en radioprotection mentionnée à l’article R. 231-106, tout chef d’établissement détenteur, à quelque titre que ce soit, d’une source de rayonnements ionisants délimite, au vu des informations délivrées par le fournisseur de la source, autour de la source :

« 1° Une zone surveillée dès lors que les travailleurs sont susceptibles de recevoir, dans les conditions normales de travail, une dose efficace dépassant 1 mSv par an ou bien une dose équivalente dépassant un dixième de l’une des limites fixées au II de l’article R. 231-76 ;

« 2° Une zone contrôlée dès lors que les travailleurs sont susceptibles de recevoir, dans les conditions normales de travail, une dose efficace de 6 mSv par an ou bien une dose équivalente dépassant trois dixièmes de l’une des limites fixées au II de l’article R. 231-76. Son accès est réservé aux personnes à qui a été remise la notice prévue à l’article R. 231-90. Les salles de repos ne doivent pas être incluses dans la zone contrôlée.

« A l’intérieur de la zone contrôlée et lorsque l’exposition est susceptible de dépasser certains niveaux fixés, compte tenu notamment des débits de dose et de la contamination radioactive, par arrêté des ministres chargés de l’industrie, du travail et de l’agriculture, pris après avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, le chef d’établissement prend toutes dispositions pour que soient délimitées des zones spécialement réglementées ou interdites. Ces zones font l’objet d’une signalisation distincte et de règles d’accès particulières.

« II. – Le chef d’établissement s’assure que la zone contrôlée ou la zone surveillée est toujours convenablement délimitée. Il apporte, le cas échéant, les modifications nécessaires à la délimitation de la zone au vu des résultats des contrôles effectués en application des articles R. 231-84 et R. 231-86 et après toute modification apportée à l’installation, à son mode d’utilisation ou à celui des sources, à l’équipement ou au blindage, ainsi qu’après tout incident ou tout accident.

« Art. R. 231-82. – A l’intérieur des zones définies à l’article R. 231-81, les sources de rayonnements ionisants sont signalées et les risques d’exposition externe et, le cas échéant, interne font l’objet d’un affichage remis à jour périodiquement. Cet affichage comporte également les consignes de travail adaptées à la nature de l’exposition et aux opérations envisagées.

« Dans les zones où il existe un risque d’exposition interne, le chef d’établissement prend les dispositions propres à éviter tout risque de dispersion des substances radioactives à l’intérieur et à l’extérieur de la zone.

« Les interventions effectuées en zone surveillée ou en zone contrôlée doivent être effectuées dans les conditions définies aux articles R. 231-93 et R. 231-94.

« Dans les zones définies à l’article R. 231-81 où un risque de contamination existe, le chef d’établissement doit veiller à ce que les travailleurs ne mangent pas, ne boivent pas, ne fument pas et respectent les règles d’hygiène corporelle adaptées.

« Art. R. 231-83. – Les conditions de délimitation et de signalisation des zones mentionnées à l’article R. 231-81, les règles d’hygiène, de sécurité et d’entretien qui y sont applicables, celles qui en régissent l’accès, ainsi que celles relatives à l’affichage prévu à l’article R. 231-82, sont fixées par arrêté des ministres chargés du travail et de l’agriculture pris après avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

« Art. R. 231-84. – I. – Le chef d’établissement procède ou fait procéder à un contrôle technique de radioprotection des sources et des appareils émetteurs de rayonnements ionisants, des dispositifs de protection et d’alarme ainsi que des instruments de mesure utilisés. Ce contrôle technique comprend notamment :

« 1° Un contrôle à la réception dans l’entreprise ;

« 2° Un contrôle avant la première utilisation ;

« 3° Un contrôle lorsque les conditions d’utilisation sont modifiées ;

« 4° Un contrôle périodique des sources et des appareils émetteurs de rayonnements ionisants ;

« 5° Un contrôle périodique des instruments de mesure utilisés pour ces contrôles, assorti d’une vérification de leur bon fonctionnement et de leur emploi correct ;

« 6° Un contrôle en cas de cessation définitive d’emploi pour les sources non scellées.

« Un arrêté des ministres chargés du travail et de l’agriculture, pris après avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, fixe la nature des contrôles ainsi que leur périodicité, en tenant compte de la nature scellée ou non de la source ainsi que de la spécificité de certains appareils émetteurs de rayonnements ionisants.

« II. – Les contrôles techniques sont effectués par la personne ou le service compétent en radioprotection mentionnés à l’article R. 231-106 ou par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ou par un organisme agréé mentionné à l’article R. 43-38 du code de la santé publique.

« Les contrôles périodiques mentionnés au 4° du I du présent article doivent être effectués au moins une fois l’an par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ou par un organisme agréé mentionné à l’article R. 43-38 du code de la santé publique.

« III. – Le chef d’établissement ayant fait procéder aux contrôles prévus par l’article L. 5212-1 du code de la santé publique n’est pas tenu de faire procéder aux contrôles techniques mentionnés au I.

« Art. R. 231-85. – I. – Le chef d’établissement définit les mesures de protection collective appropriées à la nature de l’exposition susceptible d’être subie par les travailleurs exposés. La définition de ces mesures doit prendre en compte les autres facteurs de risques professionnels susceptibles d’apparaître sur le lieu de travail, notamment lorsque leurs effets conjugués sont de nature à aggraver les effets de l’exposition aux rayonnements ionisants. Elle est effectuée après consultation de la personne compétente en radioprotection mentionnée à l’article R. 231-106, du médecin du travail et du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

« II. – Lorsque l’exposition ne peut être évitée et que l’application de mesures individuelles de protection permet de ramener les doses individuelles reçues à un niveau aussi bas que raisonnablement possible, le chef d’établissement, après consultation des personnes mentionnées au I, définit ces mesures et les met en oeuvre.

« Pour le choix des équipements de protection individuelle, le chef d’établissement recueille l’avis du médecin du travail et tient compte des contraintes et des risques inhérents à leur port. Il détermine la durée maximale pendant laquelle ces équipements peuvent être portés de manière ininterrompue.

« III. – Les chefs des entreprises extérieures déterminent les moyens de protection individuelle pour leurs propres salariés compte tenu des mesures prévues par le plan de prévention établi en application de l’article R. 237-7.

« Art. R. 231-86. – I. – Afin de permettre l’évaluation de l’exposition externe et interne, le chef d’établissement procède ou fait procéder à des contrôles techniques d’ambiance. Ces contrôles comprennent notamment :

« – en cas de risques d’exposition externe, la mesure des débits de dose externe avec l’indication des caractéristiques des rayonnements en cause ;

« – en cas de risques d’exposition interne, les mesures de la concentration de l’activité dans l’air et de la contamination des surfaces avec l’indication des caractéristiques des substances radioactives présentes.

« Lorsque les contrôles techniques d’ambiance ne sont pas effectués de manière continue, leur périodicité est définie par le chef d’établissement selon la nature du risque. En tout état de cause, un contrôle d’ambiance systématique est effectué au moins une fois par mois.

« II. – Les contrôles techniques d’ambiance sont effectués par la personne ou le service compétent en radioprotection mentionnés à l’article R. 231-106 ou par un organisme agréé mentionné à l’article R. 43-38 du code de la santé publique. Au moins une fois par an ils sont effectués par un organisme agréé.

« Art. R. 231-87. – Les résultats des contrôles prévus aux articles R. 231-84 et R. 231-86 sont consignés dans le document prévu à l’article R. 230-1.

« Doivent également être portés dans ce document un relevé actualisé des sources et des appareils émettant des rayonnements ionisants utilisés ou stockés dans l’établissement, les informations concernant les modifications apportées à chaque source ou appareil émetteur ou dispositif de protection et les remarques faites par les organismes agréés ou par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire à l’issue d’un contrôle. Le chef d’établissement transmet, au moins une fois par an, une copie de ce relevé à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Le relevé est tenu à la disposition des inspecteurs des installations nucléaires de base, des agents mentionnés à l’article L. 1421-1 du code de la santé publique et des agents mentionnés à l’article 4 de la loi no 61-842 du 2 août 1961 relative à la lutte contre les pollutions atmosphériques et les odeurs et portant modification de la loi du 19 décembre 1917.

« Sous-section 3

« Règles applicables aux travailleurs exposés

aux rayonnements ionisants

« Art. R. 231-88. – I. – En vue de déterminer les conditions dans lesquelles sont effectuées la surveillance radiologique et la surveillance médicale, les travailleurs susceptibles de recevoir, dans les conditions habituelles de travail, une dose efficace supérieure à 6 mSv par an ou une dose équivalente supérieure aux trois dixièmes des limites annuelles d’exposition fixées au II de l’article R. 231-76, sont classés par le chef d’établissement dans la catégorie A, après avis du médecin du travail.

« Les personnes mentionnées à l’article R. 231-77 ne peuvent être affectées à des travaux qui requièrent un classement en catégorie A.

« II. – Les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants ne relevant pas de la catégorie A sont classés en catégorie B.

« Art. R. 231-89. – Les travailleurs susceptibles d’intervenir en zone surveillée ou en zone contrôlée bénéficient d’une formation à la radioprotection organisée par le chef d’établissement.

« Cette formation porte sur les risques liés à l’exposition aux rayonnements ionisants, les procédures générales de radioprotection mises en oeuvre dans l’établissement ainsi que sur les règles de prévention et de protection fixées par les dispositions de la présente section. Elle est adaptée aux procédures particulières de radioprotection touchant au poste de travail occupé ainsi qu’aux règles de conduite à tenir en cas de situation anormale.

« Pour les personnes mentionnées à l’article R. 231-77, elle tient compte des règles de prévention particulières qui leur sont applicables.

« En outre, les travailleurs sont informés des effets potentiellement néfastes de l’exposition aux rayonnements sur l’embryon en particulier lors du début de la grossesse et sur le foetus. Cette information doit sensibiliser les femmes quant à la nécessité de déclarer le plus précocement possible leur état de grossesse et porter à leur connaissance les mesures prévues à l’article L. 122-25-1 et à l’article R. 231-77.

« La formation doit être renouvelée périodiquement et, en tout état de cause, au moins tous les trois ans, et chaque fois qu’il est nécessaire dans les cas et selon les conditions fixées aux articles R. 231-38 et R. 231-39.

« Art. R. 231-90. – Le chef d’établissement porte à la connaissance de chaque salarié amené à intervenir dans une zone contrôlée ou une zone surveillée, le nom et les coordonnées de la ou des personnes compétentes en radioprotection.

« Le chef d’établissement remet à chaque travailleur avant toute intervention dans une zone contrôlée, une notice rappelant les risques particuliers liés au poste occupé ou à l’intervention à effectuer, les règles de sécurité applicables, ainsi que les instructions à suivre en cas de situation anormale.

« Art. R. 231-91. – La manipulation d’appareils de radiologie industrielle ne peut être confiée qu’à des personnes titulaires d’un certificat d’aptitude. Toutefois, le directeur régional du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle ou le chef de service régional de l’inspection du travail, de l’emploi et de la politique sociale agricole peut autoriser des personnes n’étant pas titulaires de ce certificat à manipuler des générateurs électriques de rayons X utilisés à poste fixe.

« Un arrêté des ministres chargés du travail et de l’agriculture, pris après avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, définit la liste des appareils pour lesquels la manipulation requiert un certificat d’aptitude, les conditions de sa délivrance ainsi que les conditions dans lesquelles une dérogation peut être éventuellement accordée.

« Art. R. 231-92. – Le chef d’établissement établit pour chaque salarié une fiche d’exposition comprenant les informations suivantes :

« – la nature du travail effectué ;

« – les caractéristiques des sources émettrices auxquelles le salarié est exposé ;

« – la nature des rayonnements ionisants ;

« – les périodes d’exposition ;

« – les autres risques ou nuisances d’origine physique, chimique, biologique ou organisationnelle du poste de travail.

« En cas d’exposition anormale, le chef d’établissement doit porter sur la fiche la durée et la nature de cette exposition.

« Une copie de la fiche d’exposition est remise au médecin du travail. L’inspecteur ou le contrôleur du travail peut, à sa demande, obtenir communication de la fiche.

« Chaque travailleur concerné est informé de l’existence de la fiche d’exposition et a accès aux informations y figurant le concernant.

« Sans préjudice des dispositions prises en application de l’article L. 236-3, les informations mentionnées au présent article sont recensées par poste de travail et tenues à la disposition des membres du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, des délégués du personnel.

« Art. R. 231-93. – I. – Chaque travailleur appelé à intervenir en zone surveillée ou en zone contrôlée fait l’objet d’un suivi dosimétrique assuré par des mesures individuelles de l’exposition externe, appelées dosimétrie passive et, le cas échéant, par des mesures permettant d’évaluer l’exposition interne.

« II. – Les mesures de l’exposition externe sont effectuées par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ou un organisme agréé par arrêté des ministres chargés du travail et de l’agriculture.

« Les mesures de l’exposition interne sont effectuées par l’un des organismes suivants :

« – l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ;

« – un organisme agréé par arrêté des ministres chargés du travail et de l’agriculture ;

« – le service médical du travail ;

« – un laboratoire d’analyses médicales autorisé à fonctionner en application de l’article L. 6211-2 du code de la santé publique et agréé par arrêté des ministres chargés du travail, de la santé et de l’agriculture.

« III. – Sous leur forme nominative, les résultats du suivi dosimétrique et les doses efficaces reçues sont communiqués au travailleur concerné ainsi qu’au médecin désigné à cet effet par celui-ci et, en cas de décès ou d’incapacité, à ses ayants droit.

« Ils sont également communiqués au médecin du travail dont il relève et, le cas échéant, au médecin du travail de l’établissement dans lequel il intervient. Au vu de ces résultats, le médecin du travail peut prescrire, au titre de la surveillance médicale, les examens qu’il estime nécessaires et, en cas d’exposition interne, des examens anthropogammamétriques ou des analyses radiotoxicologiques et peut proposer au chef d’établissement des mesures individuelles au titre de l’article L. 241-10-1.

« Aux seules fins de procéder à l’évaluation prévisionnelle et à la définition des objectifs prévus à l’article R. 231-75, avant la réalisation d’opérations dans la zone contrôlée ou surveillée, la personne compétente en radioprotection, mentionnée à l’article R. 231-106, demande communication des doses efficaces reçues sous une forme nominative sur une période de référence n’excédant pas les douze derniers mois.

« Si, notamment au cours ou à la suite d’une opération, la personne compétente en radioprotection estime, au vu des doses efficaces reçues, qu’un travailleur est susceptible de recevoir ultérieurement, eu égard à la nature des travaux qui lui sont confiés, des doses dépassant les valeurs limites fixées à l’article R. 231-76, elle en informe immédiatement le chef d’établissement et le médecin du travail. Ce dernier en informe alors le salarié concerné.

« L’inspecteur ou le contrôleur du travail peut demander communication des doses efficaces reçues sous leur forme nominative.

« IV. – En cas de dépassement de l’une des valeurs limites d’exposition fixées aux articles R. 231-76 et R. 231-77, le médecin du travail et l’employeur en sont immédiatement informés par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ou par l’organisme de dosimétrie agréé. Le médecin du travail en informe le salarié concerné.

« V. – Au titre des mesures d’évaluation et de prévention prévues au II de l’article L. 230-2, le chef d’établissement peut avoir connaissance des résultats du suivi dosimétrique sous une forme excluant toute identification des travailleurs et les exploiter ou bien les faire exploiter à des fins statistiques sans limitation de durée. L’inspecteur ou le contrôleur du travail peut demander communication de ces statistiques.

« Art. R. 231-94. – I. – Tout travailleur intervenant en zone contrôlée fait l’objet d’un suivi par dosimétrie opérationnelle. La personne compétente en radioprotection, mentionnée à l’article R. 231-106, communique périodiquement, sous leur forme nominative, à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, les résultats de la dosimétrie opérationnelle pour chaque travailleur exposé.

« II. – Sous leur forme nominative, les résultats de la dosimétrie opérationnelle sont communiqués au travailleur concerné ainsi qu’au médecin désigné à cet effet par celui-ci et, en cas de décès ou d’incapacité, à ses ayants droit.

« Ces résultats sont également communiqués au médecin du travail dont il relève et, le cas échéant, au médecin du travail de l’établissement dans lequel il intervient. Au vu de ces résultats, le médecin du travail peut prescrire, au titre de la surveillance médicale, les examens qu’il estime nécessaires et peut proposer au chef d’établissement des mesures individuelles au titre de l’article L. 241-10-1.

« Le chef d’établissement reçoit communication des résultats nominatifs de la dosimétrie opérationnelle mise en oeuvre dans l’établissement. Il préserve la confidentialité de ces informations.

« Aux seules fins de procéder à l’évaluation prévisionnelle et à la définition des objectifs prévus à l’article R. 231-75, avant la réalisation d’opérations dans la zone contrôlée, la personne compétente en radioprotection demande communication des résultats de la dosimétrie opérationnelle sous une forme nominative sur une période de référence n’excédant pas les douze derniers mois.

« Si, notamment au cours ou à la suite d’une opération, la personne compétente en radioprotection estime, au vu des résultats de la dosimétrie opérationnelle, qu’un travailleur est susceptible de recevoir ultérieurement, eu égard à la nature des travaux qui lui sont confiés, des doses dépassant les valeurs limites fixées à l’article R. 231-76, il en informe immédiatement le chef d’établissement et le médecin du travail. Ce dernier en informe alors le salarié concerné.

« L’inspecteur du travail ou le contrôleur du travail, s’il en fait la demande, a accès, sans limitation de durée, aux résultats nominatifs de la dosimétrie opérationnelle.

« III. – Au titre des mesures d’évaluation et de prévention prévues au II de l’article L. 230-2, le chef d’établissement peut, sous une forme excluant toute identification des travailleurs, exploiter ou faire exploiter les résultats de la dosimétrie opérationnelle à des fins statistiques sans limitation de durée. L’inspecteur ou le contrôleur du travail peut demander communication de ces statistiques.

« Art. R. 231-95. – Un arrêté des ministres chargés du travail, de la santé et de l’agriculture, pris après avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et de la Commission nationale de l’Informatique et des Libertés, fixe les modalités d’accès aux informations recueillies en application des articles R. 231-93 et R. 231-94 ainsi que les règles techniques de leur transmission.

« Art. R. 231-96. – Dans le cas où l’une des limites fixées aux articles R. 231-76 et R. 231-77 a été dépassée, le chef d’établissement informe de ce dépassement le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, les délégués du personnel ainsi que l’inspecteur du travail, en précisant les causes présumées, les circonstances et les mesures envisagées pour éviter son renouvellement.

« Le médecin du travail prend toute disposition qu’il estime utile. Toute exposition ultérieure du travailleur concerné requiert son avis.

« Pendant la période où la dose reçue demeure supérieure aux valeurs limites fixées aux articles R. 231-76 ou R. 231-77, le travailleur bénéficie des mesures applicables aux travailleurs relevant de la catégorie A et prévues aux articles R. 231-100 et R. 231-102. Pendant cette période, il ne peut être affecté à des travaux l’exposant aux rayonnements ionisants sauf en cas de situation d’urgence radiologique. Si le salarié est employé sous contrat à durée déterminée ou par un contrat de travail temporaire, il ne peut être affecté pendant la prorogation du contrat prévue par l’article L. 122-3-17 ou pendant l’exécution du ou des contrats prévus à l’article L. 124-22, à des travaux l’exposant aux rayonnements ionisants sauf en cas de situation d’urgence radiologique.

« Art. R. 231-97. – Sans préjudice de l’application des mesures définies à l’article R. 231-96, lorsque le dépassement de l’une des limites fixées aux articles R. 231-76 et R. 231-77 résulte de conditions de travail non prévues, la personne compétente en radioprotection, sous la responsabilité du chef d’établissement, prend les mesures pour :

« 1° Faire cesser dans les plus brefs délais les causes de dépassement, y compris, si nécessaire, par la suspension du travail en cause ;

« 2° Procéder ou faire procéder par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire dans les quarante-huit heures après la constatation du dépassement à l’étude des circonstances dans lesquelles celui-ci s’est produit ;

« 3° Faire procéder à l’évaluation des doses équivalentes reçues par les travailleurs et leur répartition dans l’organisme ;

« 4° Etudier ou faire étudier par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire les mesures à prendre pour remédier à toute défectuosité et en prévenir un éventuel renouvellement ;

« 5° Procéder ou faire procéder par un organisme de contrôle agréé à un contrôle technique de radioprotection des postes de travail dans les conditions prévues aux articles R. 231-84 et R. 231-86.

« Sous-section 4

« Mesures de surveillance médicale des travailleurs exposés

« Art. R. 231-98. – Nul ne peut être affecté à un poste exposé à des rayonnements ionisants, s’il n’a au préalable bénéficié d’un examen médical permettant au médecin du travail de se prononcer sur son aptitude au poste de travail proposé par l’employeur.

« Art. R. 231-99. – Un travailleur ne peut être affecté à des travaux l’exposant à des rayonnements ionisants qu’après avoir fait l’objet d’un examen médical par le médecin du travail et sous réserve que la fiche d’aptitude, établie en application de l’article R. 241-57 ou du I l’article 40 du décret no 82-397 du 11 mai 1982 modifié relatif à l’organisation et au fonctionnement des services médicaux du travail en agriculture s’il s’agit d’un salarié agricole, atteste qu’il ne présente pas de contre-indication médicale à ces travaux.

« Cette fiche indique la date de l’étude du poste de travail et la date de la dernière mise à jour de la fiche d’entreprise.

« Le travailleur ou l’employeur peut contester les mentions de la fiche d’aptitude dans les quinze jours qui suivent sa délivrance. La contestation est portée devant l’inspecteur du travail compétent. Ce dernier statue après avis conforme du médecin inspecteur régional du travail et de la main-d’oeuvre, qui peut faire pratiquer, aux frais de l’employeur, des examens complémentaires par des spécialistes de son choix.

« Art. R. 231-100. – Les travailleurs classés en catégorie A ou B en application de l’article R. 231-88 sont soumis à une surveillance médicale spéciale. Ils bénéficient d’un examen médical au moins une fois par an qui comprend un examen clinique général et, selon la nature de l’exposition, un ou plusieurs examens spécialisés complémentaires auxquels le médecin du travail procède ou fait procéder. Ces examens sont à la charge de l’employeur.

« Dans le cadre de la surveillance médicale des salariés, le médecin du travail est destinataire des résultats de toutes les mesures ou contrôles qu’il juge pertinents pour apprécier l’état de santé des travailleurs.

« Après toute exposition interne ou externe intervenue dans les situations définies aux articles R. 231-79 et R. 231-96, le médecin du travail établit un bilan dosimétrique de cette exposition et un bilan de ses effets sur chaque travailleur exposé, en ayant recours si nécessaire à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

« Un arrêté des ministres chargés du travail, de la santé et de l’agriculture définit les recommandations et les instructions techniques adressées au médecin du travail et précise les modalités des examens spécialisés complémentaires.

« Art. R. 231-101. – I. – Le médecin du travail constitue et tient, pour chacun des travailleurs exposés, un dossier individuel contenant :

« 1° Le double de la fiche d’exposition prévue à l’article R. 231-92 ;

« 2° Les dates et les résultats du suivi dosimétrique de l’exposition individuelle aux rayonnements ionisants, les doses efficaces reçues ainsi que les dates des expositions anormales et les doses reçues au cours de ces expositions ;

« 3° Les dates et les résultats des examens médicaux complémentaires pratiqués en application du premier alinéa de l’article R. 231-100.

« II. – Ce dossier est communiqué, sur sa demande, au médecin inspecteur régional du travail et de la main-d’oeuvre et peut être adressé, avec l’accord du travailleur, au médecin choisi par celui-ci.

« Ce dossier doit être conservé pendant au moins cinquante ans après la fin de la période d’exposition. Si l’établissement vient à disparaître ou si le travailleur change d’établissement, l’ensemble du dossier est transmis au médecin inspecteur régional du travail et de la main-d’oeuvre, à charge pour celui-ci de l’adresser, à la demande du travailleur, au médecin du travail désormais compétent.

« Art. R. 231-102. – Une carte individuelle de suivi médical, dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés du travail, de la santé et de l’agriculture, doit être remise par le médecin du travail à tout travailleur de caté