☞ UVMT – Université Virtuelle de Médecine du Travail

0

Suivi

Dr Leblanc – 7/9/2001 à 16:41

Je suis médecin généraliste et le médecin du travail m’écrit pour suivre un patient ayant été exposé à l’amiante dans le cadre d’un ‘suivi post-professionnel’. Je n’y connais rien en matière d’amiante (en dehors des riques de cancer) et je croyais que c’était le rôle du médecin du travail. Dois-je lui écrire quelque chose ? Existe-t-il des recommandations ? Merci à tous les médecins du travail qui auront la gentillesse de me répondre.

webmaster – 9/9/2001 à 10:11

NDLR : ce message a été transféré de l’ancien forum UVP5 Médecine du Travail

Dr JC MARTIN – 7/9/2001 à 16:42

Cher confrère, Vous trouverez, ci-dessous, le résumé d’une communication qui aura lieu en février 2000 dans le cadre des entretiens de Tenon (paris 20ème). Nous avons le projet, en partenariat avec la CRAM ile-de-france, de développer sur le site UVP5 Médecin générale un outil d’information sur les maladies professionnelles destiné aux médecins généralistes. ——————————————— L’amiante : place du généraliste dans la surveillance post-professionnelle J-C Martin, Service de pathologie professionnelle, Hôpital COCHIN L’amiante (1) est un cancérogène humain avéré, responsable de 2 types de pathologie cancéreuse : le mésothéliome, principalement pleural, pour lequel il n’existe pas d’autre cause identifiée, et le cancer broncho-pulmonaire primitif. Dans les pays industrialisés, on estime que 80% des mésothéliomes et 5 à 10% des cancers du poumon sont dus à une exposition professionnelle à l’amiante (2). Le système français de réparation des maladies professionnelle permet la réparation de ces 2 pathologies. Il existe toutefois une sous reconnaissance globale des maladies professionnelles (3) et notamment des cancers professionnels, qui surviennent le plus souvent longtemps après la fin de l’exposition professionnelle chez des patients retraités ne bénéficiant plus d’un suivi en médecine du travail. L’arrêté du 28 Février 1995 pris en application de l’article D. 461-25 du code de la sécurité sociale (4) instaure le suivi post-professionnel des salariés ayant été exposés à des agents ou procédés cancérogènes. Ces textes mentionnent quatre acteurs : le patient et son médecin traitant qui sont les acteurs principaux de la surveillance post-professionnelle ; le médecin du travail et l’organisme de sécurité sociale. La personne qui au cours de son activité salariée a été exposée à des agents cancérogènes figurant dans les tableaux de maladies professionnelles peut demander, si elle est inactive, demandeur d’emploi, ou retraitée, à bénéficier d’une surveillance médicale post-professionnelle. La demande de prise en charge doit être faite auprès de l’organisme de sécurité sociale : ce dernier accorde cette surveillance sur production par l’intéressé d’une attestation d’exposition, dont le modèle type est fixé par l’arrêté du 28 févier 1995, remplie par l’employeur et le médecin du travail. Les dépenses correspondant à la surveillance médicale post-professionnelle sont imputées sur le fonds d’action sanitaire et sociale. Le patient est donc l’initiateur de son suivi post-professionnel. Le médecin traitant est chargé de la surveillance médicale post-professionnelle du patient. C’est lui qui effectue l’examen clinique et qui prescrit les examens complémentaires utiles à cette surveillance. Les modalités de la surveillance sont elles aussi déterminées par l’arrêté de Février 1995. Pour un salarié ayant été exposé professionnellement à l’amiante, la surveillance médicale comprend, tous les 2 ans, un examen clinique et une radiographie thoracique, éventuellement complétés par une exploration fonctionnelle respiratoire. Toutefois, si le médecin traitant juge que d’autres examens complémentaires sont nécessaires, il doit obtenir préalablement l’accord du médecin conseil de la caisse primaire d’assurance maladie, afin que leur prise en charge puisse être effectuée par le fonds d’action sanitaire et sociale. Le médecin traitant a donc un rôle primordial. En cas d’apparition d’une pathologie professionnelle chez un patient rentrant dans le cadre du suivi post-professionnel des salariés ayant été exposés à des agents ou procédés cancérogènes, il est en effet en première ligne pour démarrer le processus de reconnaissance en maladie professionnelle. Tout médecin quel que soit son statut ou son mode d’exercice est concerné par la procédure de déclaration et d’indemnisation des maladies professionnelles : il lui appartient de demander à son patient quel est son métier, son poste de travail, et quels produits il manipule. Le suivi post professionnel des salariés ayant été exposés à des agents ou procédés cancérogènes existe maintenant depuis 5 ans. Il semble pourtant encore peu connu des salariés ainsi que des médecins traitants. Le médecin généraliste en est le pivot. Il ne doit pas oublier, tout comme le médecin du travail, son rôle de conseiller auprès du patient. Ce ‘nouveau’ dispositif implique que des outils d’information sur les maladies professionnelles soit développés en direction des médecins et notamment des médecins généralistes. 1- IARC. Monographs on the evaluation of carcinogenic risks to humans. Overall evaluation of carcinogenicity: an updating of IARC Monographs Vol 1 to 42. IARC, Lyon, 1987,Suppl.7. 2- INSERM. Effets sur la santé des principaux types d’exposition à l’amiante. %C9ditions INSERM, Expertises Collectives, Paris, 1997. 3- Déniel, A. Institution et modalité de calcul d’un versement annuel de la branche Maladies Professionnelles – Accidents du travail à la branche Maladie du Régime Général de Sécurité Sociale. Rapport au Ministère de l’%238217;Emploi et de la Solidarité,1997. 4- Arrêté du 28 Février 1995, pris en application de l’article D. 461-25 du Code de la Sécurité Sociale fixant le modèle type d’attestation d’exposition et les modalités d’%238217;examen dans le cadre du suivi post-professionnel des salariés ayant été exposés à des agents ou procédés cancérogènes. JO. 22 Mars 1995: 4474-78. ———————————————

Dr Leblanc – 7/9/2001 à 16:43

Merci pour tous ces renseignements. Une remarque simplement : il est dommage que ce suivi ne soit pas assuré par vous qui êtes des spécialistes des pathologies liées au travail.