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Precription et médecine du travail

Aznou – 7/9/2001 à 16:17

Pensez-vous que le médecin du travail déborde de sa fonction s’il donne un anxiolytique léger présent dans la pharmacie du service, dans le cas où un patient se présente dans une situation de stress (stress lié aux cadences, à une ‘engueulade’ avec la hiérarchie, stress post traumatique…), et si cette prescription est exceptionnelle, et le patient orienté par la suite chez son médecin traitant ? Personnellement, je ne le trouve pas, mais certains collègues ne sont pas d’accord. Qu’en pensez-vous ?

webmaster – 9/9/2001 à 10:04

NDLR : ce message a été transféré de l’ancien forum UVP5 Médecine du Travail

Dr JC MARTIN – 7/9/2001 à 16:18

Si c’est une urgence………. Le code du travail et le code de déontologie apporte un cadre à votre question. voici par exemple ce que dit ce dernier: ‘Commentaires du code de deontologie medicale Article 99 Sauf cas d’urgence ou prévu par la loi, un médecin qui assure un service de médecine préventive pour le compte d’une collectivité n’a pas le droit d’y donner des soins curatifs. Il doit adresser la personne qu’il a reconnue malade au médecin traitant ou à tout autre médecin désigné par celle-ci. En cas d’urgence un médecin doit donner ses soins ou s’assurer que le malade reçoit les soins nécessaires, selon les dispositions de l’article 10 du présent code. L’article 223-6 du code pénal réprime le manquement à cette obligation(voir note 1). En dehors de ces cas précis, le praticien chargé d’un service de prévention doit assurer sa seule mission définie par la loi. Par exemple le rôle du médecin du travail, exclusivement préventif (art.100 ), consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail notamment en surveillant les conditions d’hygiène du travail, les risques de contagion, l’état de santé des salariés. Si, à l’occasion d’un examen, le médecin de prévention dépiste un problème médical, pour lequel il lui paraît nécessaire d’envisager un traitement ou de consulter un praticien, il doit adresser l’intéressé au médecin de son choix. Le cas de la consultation spécialisée nécessitée par un problème précis d’aptitude à un poste est différent. La collectivité réglant les honoraires liés à cette consultation, le médecin de prévention est libre de sa décision, mais doit, si cela est possible, respecter le libre choix de l’intéressé et informer le médecin désigné par celui-ci des conclusions de l’examen, si celles-ci font apparaître une pathologie jusqu’alors silencieuse. Ces précisions doivent apparaître dans le contrat d’exercice. ———————————————————————- notes (1) Art.223-6 – 2° alinéa du code pénal (ex-art.63 ) : ‘Sera puni des mêmes peines (cinq ans d’emprisonnement et 500 000 F d’amende) quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.’ ———————————————————————- Dans le cas précis que vous mentionnez, il me semble que s’il existe un risque vital pour le salarié (autolyse) ou pour l’un de ses collègues (aggression physique du supérieur hierarchique par exemple), je n’hésiterais pas à prescrire un anxiolytique adapté à cette situation d’urgence avant d’orienter le patient vers le confrère ou la structure adéquate.