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Cytologie urinaire

Dr André Laforet – 7/9/2001 à 16:32

Quelle est selon vous la sensibilité et la spécificité de la cytologie urinaire systématique dans le dépistage des cancers de vessie chez des salariés exposés à des agents cancérigènes ? L’examen est-il vraiment plus rentable (en systématique) qu’une bandette urinaire ? P.S : je précise que mes indices d’exposition sont inférieures aux VL.

webmaster – 9/9/2001 à 10:09

NDLR : ce message a été transféré de l’ancien forum UVP5 Médecine du Travail

Dr JC MARTIN – 7/9/2001 à 16:33

Bandelette et cytologie: 2 examens bien différents : La réponse à votre première question est difficile. Il n’y a pas à ma connaissance d’étude française publiée ayant pour objectif de déterminer la sensibilité et la spécificité de la cytologie urinaire systématique dans le dépistage des cancers de vessie chez des salariés exposés à des agents cancérigènes pour celle-ci. Il faudrait en effet pour cela, s’assurer de l’existence ou de l’absence de cancer vésical en réalisant chez tous les individus inclus dans l’enquête un examen étalon : la cystoscopie (éthiquement difficile à proposer et difficilement acceptable par un patient ayant une bandelette et une cytologie urinaires normales). En fait, la bandelette urinaire et la cytologie urinaire sont 2 examens qui se complètent car ils ne permettent pas d’obtenir les mêmes informations. On ne peut donc pas comparer leur ‘rentabilité’. Pour résumer: La bandelette vous permet d’obtenir une information semi-quantitative (colorimétrique) concernant les leucocytes, nitrites, protéines, pH, hématies, cétones, glucose. Dans le cas présent, l’existence d’une hématurie microscopique à la bandelette doit faire suspecter un cancer vésical. La cytologie urinaire vous permet d’obtenir des informations qualitatives concernant les cellules desquamant de l’arbre urinaire. Les résultats sont exprimés de la façon suivante : Classe I : échantillon normal Classe II: cellules atypiques d’origine non tumorale Classe III : cellules atypiques issues soit d’un processus réactionnel ou irritatif, soit d’un processus tumoral de bas grade Classe IV : la majorité des cellules présente tous les caractères de malignité Classe V : Toutes les cellules présentent tous les caractères de malignité, tumeur de haut grade C’est pour cette raison que l’Arrêté du 5 avril 1985 fixant les instructions techniques que doivent respecter les médecins du travail assurant la surveillance médicale des salariés exposés aux substances susceptibles de provoquer une lésion maligne de la vessie (J.O. du 11 mai 1985) et l’Arrêté du 28 février 1995 pris en application de l’article D. 461-25 du code de la sécurité sociale fixant le modèle type d’attestation d’exposition et les modalités d’examen dans le cadre du suivi post-professionnel des salariés ayant été exposés à des agents ou procédés cancérogènes, précisent tous deux qu’il faut réaliser la bandelette et la cytologie urinaires.