☞ UVMT – Université Virtuelle de Médecine du Travail

0

J’ai en charge un hôpital de la région parisienne de plus de 600 salariés. Nous arrivons à avoir la sérologie VIH par technique rapide en moins de 4 heures ce qui permet, en fonction du type de blessure, de poser l’indication d’une prophylaxie médicamenteuse. En fonction du type de l’accident, de la profondeur de la blessure, du type du matériel incriminé (aiguille creuse par exemple), et de la sérologie du patient source, nous utilisons le schéma thérapeutique suivant : Viracept 3 cp x 3 par jour et Combivir 2cp par jour. Je pense que si je ne pouvais bénéficier de la technique de détection du VIH rapidement (moins de 4 heures), je ne proposerai la prophylaxie que quand le risque de contamination du VIH est important. Cette évaluation prendrait en compte : – le type d’accident – le type de blessure (blessure profonde) – le type de matériel (aiguille creuse ou matériel très ensanglanté) – et surtout le type de patient source (toxicomanie…).

– mais également des facteurs probablement plus suggestifs qui font tout l’intérêt de notre métier (intuition, demande du salarié…) . Certains critiqueront peut-être ces derniers critère, mais le jour où on me prouvera que tout est entièrement quantifiable, je démissionne de mon poste de médecin et me consacrerai à plein temps à mon travail de webmaster et à l’élaboration d’un programme de médecin cybernétique et automatisé

Pour le type de patient que vous avez décrit, je fait habituellement le suivi suivant pour la victime : – sérologie VIH 1 et 2 à 3 et 6 mois. – sérologie VHC à 3 et 6 mois. Cette surveillance m’est dictée par deux intérêts : – améliorer notre connaissance des AES avec des patients sources sérologiquements négatifs. – répondre à la demande de la sécurité sociale. Je suis persuadé que le risque de contamination par le VIH et de VHC dans ce cas est proche de 0, même s’il existe un risque théorique de contamination par un patient en cours de séroconversion. Je n’effectue aucune surveillance sur le VHB si les anticorps anti-HBS du salarié sont à un taux protecteur. Par contre, si le patient est VHC +, je demande en plus à 3 et 6 semaines des transaminases et surtout une virémie qualitative de l’hépatite C. En cas d’élévation de transaminases ou une positivité de la virémie, j’adresse le patient à notre infectiologue. Il s’agit du protocole adopté par notre CLIN local. Peut-être fait-on mieux ailleurs ?

[Edité le 12/6/2002 par Webmaster]