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   Toxicologie: Données de base sur la toxicité des principaux solvants industriels

Médecins du Travail

DONNÉES DE BASE SUR LA TOXICITÉ DES PRINCIPAUX SOLVANTS INDUSTRIELS

Vous pouvez également télécharger le polycopié entier au format acrobat reader (.pdf) en cliquant ici.

HYDROCARBURES ALIPHATIQUES
HEXANE


HYDROCARBURES ALICYCLIQUES
CYCLOHEXANE


HYDROCARBURES AROMATIQUES
BENZÈNE
TOLUÈNE
STYRÈNE
XYLÈNES


SOLVANTS CHLORÉS et FLUORÉS

DICHLOROMÉTHANE (CHLORURE DE MÉTHYLÈNE)
TRICHLOROMÉTHANE (CHLOROFORME)
TÉTRACHLOROMÉTHANE (TÉTRACHLORURE DE CARBONE)
1,1,1 TRICHLOROÉTHANE (MÉTHYLCLOROFORME)
TRICHLORÉTHYLÈNE (TRICHLOROÉTHYLÈNE)
TÉTRACHORÉTHYLÈNE (PERCHLORÉTHYLÈNE)
MONOCHLOROBENZÈNE
TRICHLOROFLUOROMÉTHANE


ALCOOLS
ALCOOL BUTYLIQUE (BUTANOL)
ALCOOL ÉTHYLIQUE (ÉTHANOL)
ALCOOL ISOPROPYLIQUE (ISOPROPANOL)
ALCOOL MÉTHYLIQUE (MÉTHANOL )


CÉTONES

ACÉTONE


ÉTHERS
ÉTHERS DE GLYCOL
1,4 DIOXANNE
TÉTRAHYDROFURANE (THF)


COMPOSÉS SOUFRÉS
SULFURE DE CARBONE


AMIDES
DIMÉTHYLFORMAMIDE (DMF)

Document préparatoire au séminaire de novembre 1996
Pr Françoise CONSO
Dr Kamal CHERCHALI
Mise à jour en septembre 2002 par le service de pathologie professionnelle, Pr Choudat, Hôpital Cochin.



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Transmis parWebmaster le Dimanche 17 novembre 2002 à 14:45 ( 27441 lectures )
Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Diméthylformamide

Médecins du Travail
DIMETHYLFORMAMIDE


I. Généralités

Synonymes : N,N-diméthylformamide, DMF.
Numéro CAS : 68-12-2.

Le diméthylformamide est un liquide incolore de formule :
H-CO-N(CH3)2.

Son utilisation comme solvant est très fréquente : solvant dans la fabrication des fibres acryliques, des résines, des peintures, des revêtements et des solvant d'extraction. Il est également utilisé comme intermédiaire dans la fabrication des produits pharmaceutiques.


II. Propriétés physico-chimiques

Le diméthylformamide est un liquide incolore d'odeur faiblement aminée ; il est miscible à l'eau et à de nombreux solvants organiques. Il dissout également des résines naturelles et artificielles.


III. Données cinétiques principales

Le diméthylformamide est absorbé par voie digestive, respiratoire mais principalement par voie cutanée (en milieu de travail).
Le diméthylformamide est métabolisé principalement dans le foie, la demi-vie sanguine du diméthylformamide est de 1 à 2 heures.
Les métabolites finaux retrouvés dans les urines sont le MF : N-méthylformamide + N-méthylhydroxyméthylformamide (8 à 24 %) , le F : hydroxyméthylformamide + formamide (13 %) et l'AMCC : N-acétyl-S-[N-méthylcarbamoyl]-cystéine(14 %).
A noter qu'une faible partie de diméthylformamide est éliminée sous forme inchangée dans les urines (0,5 à 1,5 %) et dans l'air expiré (2 à 28 %).


IV. Toxicité chez l'homme

Organe cible : le foie.

Toxicité aiguë

Le tableau de l'intoxication aiguë associe :
- un syndrome neurologique précoce avec céphalées, vertiges, et qui régresse rapidement à l'arrêt de l'exposition.
- un syndrome douloureux abdominal avec nausées, vomissements, anorexie, trouble du transit survenant de quelques heures à quatre jours après l'exposition.
- une hépatite cytolytique survenant 24 heures à 3 jours après l'intoxication et qui régresse en quelques jours à quelques semaines.
- un syndrome antabuse survenant à l'occasion d'une prise d'éthanol quelques heures à quelques jours après le contact avec le diméthylformamide.
Le diméthylformamide est irritant pour la peau mais lorsque le contact est prolongé, il peut entraîner des brûlures du 2e degré.

Toxicité chronique

Lors d'un contact prolongé avec le diméthylformamide on peut noter une hépatite qui témoigne généralement d'une exposition à des concentrations élevées. On peut également noter des troubles digestifs, un syndrome antabuse et une élévation des GGT. Le syndrome neurologique est rarement rapporté.
L'exposition répétée au diméthylformamide peut être responsable d'une irritation de la peau, des muqueuses oculaires et des voies respiratoires.
Une étude de cohorte a montré un excédent de décès par cardiopathies ischémiques et par maladie du tube digestif, chez les travailleurs exposés au diméthylformamide.
L’expérimentation animale montre que le DMF n’a d’effets nocifs sur la reproduction qu’à des concentrations plus fortes que celles qui sont hépatotoxiques, après exposition tant par la voie respiratoire que par la voie orale. Lors d’études récentes, on n’a observé d’effets foetoxiques et tératogènes systématiques qu’aux doses ou aux concentrations toxiques pour la mère. Il est classé en R 61.

V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VME-VLE :
    VME = 10 ppm, soit 30 mg/m3.
  • Indices biologiques d'exposition
    Le dosage du MF (N-méthyl-N-hydroxyméthylformamide + N-monométhylformamide) dans les urines en fin de poste de travail quel que soit le jour de la semaine de travail est le reflet de l'exposition de la journée. Il y a une bonne corrélation entre les concentrations atmosphériques et les concentrations urinaires de MF.
    En France, la valeur guide utilisable du N-méthylformamide urinaire est de 40 mg/g de créatinine en fin de poste. Il est intéressant de noter que ce paramètre est spécifique, il est absent des urines des sujets non exposés. Il faut cependant tenir compte de la consommation d'alcool qui inhibe le métabolisme du DMF, ainsi que du toluène qui lui, diminue l'excrétion du MF.

2) Surveillance en médecine du travail

Rechercher à l'embauche les pathologies pouvant augmenter le risque d'intoxication par le diméthylformamide (dermatose, hépatite chronique, éthylisme).
Un bilan biologique de référence est utile : GGT et volume globulaire moyen, bilan hépatique : transaminases, phosphatases alcalines.

Lors des visites périodiques, rechercher l'existence de troubles digestifs, de signes évocateurs d'un syndrome antabuse ainsi que de signes évocateurs d'un syndrome psycho-organique débutant.
Il serait utile de surveiller sur le plan biologique la fonction hépatique (transaminases et GGT).
Avertir les femmes enceintes ou désirant procréer, du risque éventuel pour la grossesse lors d’expositions importantes au solvant.

VI. Traitement d'urgence

En cas de contact cutané, retirer les vêtements souillés et lavage immédiat pendant 15 mn. Si lavage tardif, surveillance de la fonction hépatique entre 48 et 72 heures.
En cas de contact oculaire, lavez les yeux immédiatement pendant 15 mn ; et consultation spécialisée si douleur, rougeur ou gène visuelle persistante.
En cas d'ingestion, ne pas faire vomir ni faire absorber du charbon actif (sauf si le sujet est parfaitement conscient).

En cas d’inhalation massive, retirer le sujet de la zone polluée après avoir pris toutes les précautions nécessaires pour les intervenants.

VII. Réparation

TRG 84
TRA 48



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Transmis parWebmaster le Dimanche 17 novembre 2002 à 14:29 ( 7866 lectures )
Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Sulfure de carbone

Médecins du Travail
SULFURE DE CARBONE


I. Généralités

Synonyme : Disulfure de carbone.
Numéro CAS : 75-15-0.
Le sulfure de carbone, de formule CS2 est utilisé comme solvant mais également dans :
- la fabrication de cellulose régénérée
- la fabrication de tétrachlorure de carbone
- la fabrication de nombreux composés organiques du soufre.


II. Propriétés physico-chimiques

Le sulfure de carbone est un liquide très volatil, incolore et d'odeur faiblement éthérée. Sa couleur jaunâtre et son odeur désagréable proviennent des impuretés soufrées qu'il contient.
Le sulfure de carbone est peu soluble dans l'eau mais miscible dans de nombreux solvants organiques. Par ailleurs, il dissout un grand nombre de composés organiques ainsi que le phosphore et le soufre.


III. Propriétés cinétiques principales

Le sulfure de carbone est absorbé principalement par voie pulmonaire, mais également par voie cutanée et digestive. La plus grande partie (70 à 90 %) est métabolisée puis éliminée dans les urines principalement sous forme de TTCA (acide 2-thiothiazolidine-4-carboxylique). Le reste est éliminé sous forme inchangée dans l'air expiré pour 5 à 30 % de la dose inhalée et 3 % de la dose absorbée par la peau. Dans les urines, le CS2 inchangé se retrouve pour moins de 1 %.

IV. Toxicité chez l'homme

L'intoxication par le disulfure de carbone se produit essentiellement par voie respiratoire, plus rarement par voie cutanée.

Toxicité aiguë

Lors d'une intoxication aiguë, s'installent en premier lieu des troubles digestifs, une agitation psychomotrice puis un coma souvent convulsif pouvant évoluer vers une défaillance respiratoire par paralysie des muscles respiratoires. Il peut exister des séquelles neurologiques et un syndrome antabuse (intolérance temporaire à l'alcool).
Le sulfure de carbone est fortement irritant pour la peau et les yeux (brûlures parfois sévères).

Toxicité chronique

L'exposition prolongée au sulfure de carbone peut provoquer des troubles neurocomportementaux : fatigue, irritabilité, céphalées, troubles de la mémoire, etc qui peuvent être mis en évidence par l'électroencéphalogramme et parfois par des perturbations de certains tests psychométriques.
On peut également observer :
- des neuropathies périphériques infracliniques,
- une névrite optique rétrobulbaire avec perturbations de la vision des couleurs.
- des anomalies tensionnelles à type d'hypo ou d'hypertension ainsi qu'une augmentation de la fréquence des maladies ischémiques.
- des troubles digestifs (nausées, vomissements, anorexie ), ainsi qu’une atteinte hépatique, qui se traduit en particulier par une hépatomégalie et une augmentation des gamma GT.
- des troubles menstruels chez la femme et des perturbations de la spermatogénése chez l’homme.

V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition :

  • VLE-VME :
    VME = 10 ppm, soit 30 mg/m3.
    VLE = 25 ppm, soit 75 mg/m3.
  • Biométrologie :
    Le dosage du TTCA urinaire réalisé immédiatement en fin de journée et fin de semaine de travail est un test sensible et assez spécifique ; certains médicaments et certains produits chimiques interfèrent avec ce dosage. Le TTCA reflète l'exposition du jour même.
    Valeur guide utilisable en France : TTCA urinaire = 5 mg/g c en fin de poste.

2) Surveillance médicale

A l'embauche, il faut rechercher les personnes atteintes d'affections neurologiques ou neuropsychiatriques chroniques ainsi que les patients atteints d'éthylisme.
Les visites systématiques s'attacheront à rechercher les limites d'intolérance liées à l'exposition du produit (signes d'atteinte du système nerveux).
Avertir les personnes susceptibles de procréer du risque pour la fertilité.

VI. Conduite à tenir en cas d'intoxication aiguë

En cas de contact cutané ou oculaire, lavage à grande eau immédiatement et pendant au moins 15 mn. La projection oculaire justifie la consultation d'un ophtalmologiste.
En cas d'ingestion, ne pas tenter de faire vomir. Rincer la bouche avec de l’eau L'hospitalisation doit se faire dans les meilleurs délais. Le traitement est symptomatique.
En cas d’inhalation, retirer le sujet de la zone polluée après avoir pris toutes les précautions nécessaires pour les intervenants. Si la victime est inconsciente, la placer en position latérale de sécurité.

VII. Réparation

TRG 22



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Transmis parWebmaster le Dimanche 17 novembre 2002 à 14:23 ( 8325 lectures )
Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Tétrahydrofuranne, THF

Médecins du Travail
TETRAHYDROFURANNE
THF


I. Généralités

Le tétrahydrofuranne est un liquide incolore, très volatil, d'odeur éthérée.

Formule chimique

H2C______ CH2
|.................|
H2C........... CH2
.........../
......../
O

CAS: 109-99-9

Le THF est utilisé :
- comme solvant des résines et matières plastiques (polychlorure de vinyl, polyéthylène, polystyrène, poly-esters, polyuréthanes....), dans les industries des encres, des résines, peintures, vernis et colles.
- comme solvant d'extraction ou comme milieu réactif des industries pharmaceutiques
- comme intermédiaire de synthèse organique.


II. Propriétés physicochimiques

Le THF est miscible à l'eau et à la plupart des solvants organiques.
C'est également un bon solvant de nombreuses résines et particulièrement du polychlorure de vinyl (PVC). Son utilisation dans le collage des tuyauteries en PVC est très fréquente.
Au contact de l'oxygène, le THF donne naissance à des produits qui sont des composés non volatils, instables, susceptibles d'exploser sous l'effet d'une augmentation de température et parfois spontanément, lors d'une distillation par exemple.


III. Données cinétiques principales

Le THF est absorbé par voie respiratoire, digestive et percutanée.
Quelle que soit la voie d'entrée, le passage semble rapide et important mais il n'a jamais été précisément quantifié.
La distribution dans l'organisme et les voies métaboliques ne sont pas précisément connues. La dégradation est probablement au moins partiellement dépendante de mono-oxygénases à cytochrome P450. En effet, certaines mono-oxygénases à cytochrome sont induites par une exposition prolongée au THF.


IV. Toxicité

Organe cible : le foie.

Toxicité aiguë

Peu de publications à ce jour.
Les symptômes les plus souvent rapportées après une exposition prolongée à des concentrations atmosphériques élevées sont : des céphalées, une irritation des muqueuses oculaires et respiratoires, un syndrome ébrieux et une élévation des transaminases. On a également signalé des éruptions cutanées érythémateuses des parties découvertes et une atteinte tubulaire rénale probable.

Toxicité chronique

La symptomatologie rapportée est à type d'atteinte hépatique, d'encéphalopathie, d'irritation oculaire et respiratoire, ainsi que de neuropathie périphérique.


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

- VME = 200 ppm, soit 590 mg/m3.

2) Surveillance médicale

L'exposition au trétrahydrofuranne nécessite une vigilance particulière chez les personnes ayant une maladie respiratoire chronique, une dermatose des parties découvertes, un alcoolisme, une maladie hépatique ou rénale chronique.

3) Examens complémentaires

L'activité des transaminases et éventuellement la mesure de la créatininémie compléteront l'examen clinique.


VI - Traitement d'urgence

Traitement symptomatique des troubles.


VII. Réparation

TRG 84
TRA 48



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Transmis parWebmaster le Dimanche 17 novembre 2002 à 14:19 ( 7071 lectures )
Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: 1,4 Dioxanne

Médecins du Travail
1,4-DIOXANNE


I. Généralités

Synonyme : P-dioxanne, Dioxyde de diéthylène
Le 1,4-dioxanne est un liquide incolore.

De formule

O
/....
H2C.... CH2
|.........|
H2C.... CH2
..../
O

CAS : 123-91-1
Le 1,4-dioxanne trouve son utilisation comme solvant dans l'industrie des peintures et vernis, milieu réactionnel en synthèse organique, agent d'extraction et stabilisant des hydrocarbures chlorés.


II. Propriétés physico-chimiques

Le 1,4-dioxanne est un liquide volatil d'odeur agréable. Il est miscible à l'eau et à presque tous les solvants organiques.
C'est un composé relativement stable mais il peut donner naissance au contact de l'oxygène de l'air à des aldéhydes et des péroxydes. Les péroxydes sont des composés non volatils susceptibles d'exploser sous l'effet d'une élévation de température.
Il est classé cancérogène catégorie 3.

III. Données cinétiques principales

L'absorption du dioxanne se fait par inhalation pour les vapeurs ou par voie percutanée pour la forme liquide. Le 1,4-dioxanne subit un métabolisme hépatique sous la dépendance du cytochrome P450 donnant comme principal métabolite l'acide ß hydroxyéthoxy-acétique, métabolite retrouvé dans les urines. On retrouve également une faible quantité de dioxanne sous forme inchangée.


IV. Toxicité chez l'homme

Organes cibles : système nerveux central, foie, reins.

Classé catégorie 3 par le CIRC

Toxicité aiguë

L'exposition à des concentrations élevées de 1,4-dioxanne peut entraîner :
- localement : irritation des yeux et de la peau, irritation des voies respiratoires supérieures, parfois eczéma ;
- atteinte systémique : céphalées, vertiges, somnolence, nausées, vomissements, atteinte hépatique et rénale ; l'atteinte peut être mortelle.

Toxicité chronique

Peu d'études épidémiologiques ont été réalisées auprès des travailleurs exposés à de faibles concentrations de dioxanne. Cependant, il a été signalé quelques cas d'anomalies biologiques traduisant une perturbation rénale (albuminurie, élévation de créatininémie), hépatique (élévation des ALAT et ASAT ainsi que les GGT), et hématologique (hyperleucocytose avec éosinophilie et beaucoup plus exceptionnellement thrombopénie et anémie).


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE-VME :
    VME = 10 ppm soit 35 mg/m3
    VLE = 40 ppm soit 140 mg/m3

2) Surveillance médicale

L'examen médical d'embauche recherchera une atteinte hépatique, rénale ou respiratoire chronique. Lors des visites systématiques, une étude des fonctions hépatiques, rénales et hématologiques pourrait être effectuée de façon régulière.

VI - Traitement d'urgence

Il n'existe pas de traitement spécifique en cas d'intoxication au 1,4-dioxanne.

VII. Réparation

TRG 84
TRA 48



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Transmis parWebmaster le Dimanche 17 novembre 2002 à 14:10 ( 6464 lectures )
Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Ethers de glycols

Médecins du Travail
ÉTHERS DE GLYCOL


I - Généralités

Les éthers de glycol se répartissent en deux familles distinctes:

1/ les dérivés de l'éthylène glycol (série E) de formule : R-O-CH2-CH2-OH

2/ Les dérivés du propylène glycol (série P) de formule : R-O-CH2-CH(CH3)-OH

1 - Les dérivés les plus connus de l'éthylène glycol sont :

- le Méthyl-glycol (MG) ou EGME de formule CH3-O-CH2-CH2-OH et de n°CAS : 109-86-4 .
- l' Ethyl-glycol (EG) ou EGEE de formule C2H5-O-CH2-CH2-OH et de n°CAS : 110-80-5
- le Butyl-glycol (BG) ou EGBE de formule C4H9-O-CH2-CH2-OH et de n°CAS : 111-76-2.
Leurs acétates sont respectivement AMG , AEG et ABG.

2 - Les dérivés du propylène glycol les plus souvent retrouvés sont :

les isomères alpha ou 1-Méthoxy2-propanol et bêta ou 2-Méthoxy2-propanol.
Noms commerciaux :
Cellosolves ou Carbitols (Union Carbide), Oxitols et Dioxitols (Shell)
Emkanols (ICI), Dowanols ( Dow)


II - Propriétés physico-chimiques

Les éthers de glycol sont miscibles à l'eau (hydrophile) et aux solvants organiques (lipophile). Ce sont des liquides incolores, d'odeur légèrement éthérée et agréable. Ils sont peu volatils et ininflammables.
L'ensemble de ces caractéristiques, associées à de bonnes performances techniques, font que l'on retrouve les éthers de glycols dans de nombreuses formulations:
- Peintures, encres, vernis, colles++
- Cosmétiques, médicaments, imprimerie,
- Fluides de coupe, détergents ménagers et industriels,
- Dégraissants, détachants, décapants, antigels...


III - Propriétés cinétiques principales

Les éthers de glycol sont absorbés par voie respiratoire (vapeurs) mais également cutanée (voie favorisée par dilution des éthers de glycol dans l'eau ou les solvants ) et digestive (ingestion accidentelle).
Les éthers de glycol diffusent comme tous les alcools dans les organes richement vascularisés et passent la barrière placentaire.
Métabolisme : - pour les éthers de la série E, l'action des déshydrogénases conduit à la production d'aldéhyde puis d'acide alkoxy-acétique.
La concentration cellulaire excessive de ces métabolites induirait leurs effets nocifs (hématotoxicité, toxicité testiculaire et fœtale chez l'animal).
- pour les éthers de la série P (hormis le 1-Propylène Glycol 2-Méthyl Ether), leur métabolisme se fait via une désalkylation par les cytochromes P450 et aboutit à la formation de CO2 d'où leur moindre toxicité.

IV Toxicité

Toxicité aiguë

1 - Dérivés de l'éthylène glycol.

Les cas publiés d'intoxication aiguë aux éthers de glycol sont très peu nombreuses et concernent la série E (EGME, EGEE, EGBE) ingérés accidentellement. Elle pourrait résulter d'une contamination cutanée étendue mais aucun cas n'a encore été rapporté.
L'intoxication par l'EGME, l'EGEE et leurs acétates se traduit par des troubles digestifs suivis d'une dépression du système nerveux central, une acidose métabolique (augmentation des indosés anioniques), une atteinte tubulaire rénale. Une cytolyse hépatique discrète est possible.
Une intoxication par l'EGBE ou son acétate entraîne une dépression du système nerveux central, une hypotension artérielle, une acidose (avec augmentation des indosés anioniques), une hémolyse modérée, une néphropathie aiguë tubulaire.

2 - Dérivés du propylène glycol.

Le propylène glycol est réputé peu toxique. L'ingestion de fortes doses peut être responsable d'un effet sédatif isolé. L'inhalation pendant une heure d'un aérosol reste asymptomatique. Il n'y a pas de toxicité hématologique retrouvée.

Toxicité à terme

1 - Dérivés de l'éthylène glycol.

- Les éthers de glycol entraînent des phénomènes d'irritation (surtout avec BG).

- Des encéphalopathies et des troubles mentaux organiques ont été observés chez l'homme avec le méthyl glycol (MG).

- Hématotoxicité : Quelques cas d'hémolyse aiguë modérée faisant suite à l'ingestion de plusieurs dizaines de ml d'EGBE ont été publiés. Aucun cas d'hémolyse n'a été rapporté chez des salariés exposés de façon chronique aux éthers de glycol. Les travaux menés in vitro confirment le faible pouvoir hémolysant des éthers de glycol, en particulier l'EGBE qui est le plus hémolysant chez l'animal.
Neutropénie et hypoplasie médullaire ont été observées chez des salariés exposés à l'EGME, l'EGEE et leurs acétates. La toxicité des éthers de glycol sur les populations lymphocytaires humaines semble moins importante que celle observée sur la lignée granuleuse. Un rôle leucémogène possible des éthers de glycol n'est pas confirmé par les études récentes ni le risque de maladies de Hodgking ou de myélome.

- Reproduction :
Actuellement, quatre substances sont classées "toxiques pour la reproduction" en catégorie 2 par la communauté européenne.
Il s'agit de - méthyl glycol (MG) et son acétate (EGMEA)
........ ...... - l'éthyl glycol (EG) et son acétate (EGEEA)

Ces substances ont été interdites à la vente au public en 1997 mais leur usage est autorisé en milieu professionnel.
Toute préparation contenant au moins 0,5% de ces quatre éthers de glycol est étiquetée T avec notamment les phrases de risque R60 (peut altérer la fertilité) et R61 (risque pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant).
Le DEGME (n°CAS : 111-77-3) est en catégorie 3 pour la communauté européenne avec la phrase de risque R63 (risque possible pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant). Toute préparation en contenant 5% ou plus est soumis à cet étiquetage depuis le 1er Juillet 2001.

- cancérogénicité : les quelques études épidémiologiques conduites sur la relation entre l'exposition aux éthers de glycol et certains types de cancers (leucémie aiguë myéloïdes, cancer de l'estomac, cancer des testicules) n'ont pas apporté de résultats convaincants.

2 - Dérivés du propylène glycol

Deux éthers de glycol de la série P sont classés toxique pour la reproduction de catégorie 2 par la communauté européenne.
Il s'agit du
1-Propylène glycol 2- Méthyl Ether (1PG2ME, n°CAS : 1589-47-5)
et du 1-Propylène glycol 2- Méthyl Ether 1- Acétate (1PG2MEA, n°CAS : 70657-70-4).
Ces deux substances de la série P ont en effet, un métabolisme identique à celui des éthers de glycol de la série E.

V - Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE - VME : - Ethylène glycol ( vapeurs) VLE = 50 ppm
    VME : France : MG = 5 ppm,
    EG = 5 ppm,
    BG = 25 ppm
  • Biométrologie : Indices biologiques d'exposition :
    - Pour MG et AMG : Acide méthoxyacétique urinaire : 0,8 mg/g de créatinine (à faire le lundi matin, donne le reflet de la semaine)
    - Pour EG et AEG : Acide éthoxyacétique urinaire : 50 mg/g de créatinine selon le BAT (RFA), et 100 mg/g de créatinine pour la France et ACGIH (à faire le vendredi soir, en fin de poste)
    - Pour BG et ABG : Acide butoxyacétique urinaire : 60 mg/g de créatinine (fin de poste)

2) Surveillance médicale

- La voie de pénétration des éthers de glycol prédominant en milieu professionnel est la voie per-cutanée. Il faudra donc s'assurer de l'état cutané des salariés ainsi que du respect des moyens de prévention individuelle (gants en butyle)
- Une surveillance hématologique systématique ne semble pas justifiée.
- Une biométrologie urinaire peut être intéressante lorsque les conditions de travail ne semblent pas optimales.
- Les substance contenant plus de 0,5% d'éthers de glycol classés toxiques pour la reproduction (EGME, EGMEA, EGEE,EGEEA, DEGME, 1PG2ME, 1PG2MEA) sont soumis à étiquetage avec la mention "toxiques pour la reproduction". Les salariés manipulant ces produits sont alors soumis au décret CMR du 1er Février 2001.
- Enfin, rappelons que l'arrêté du 11 Juillet 1977 fixant la liste des travaux soumis à surveillance médicale spéciale comprend "les travaux d'application des peintures et vernis en pulvérisation".

VI - Traitement d'urgence

Le traitement de l'intoxication aiguë est semblable à celui de l'intoxication par l'éthylène glycol.

- Lors de projections cutanées ou oculaires, le lavage immédiat à l'eau pendant 10 à 15 minutes est recommandé.

- En cas d'ingestion :
- lavage gastrique
- correction de l'acidose et de l'hypocalcémie
- traitement symptomatique :
............... - si convulsions : Valium ou Rivotril
................- si coma : intubation, ventilation
- épuration extrarénale : pour éliminer les métabolites et corriger les troubles métabolites induits par l'acidose et les bicarbonates utilisés pour sa correction.
- administration d'éthanol ou de 4 méthyl pyrazole afin d'inhiber l'alcool deshydrogénase et bloquer la production de métabolites.

- En cas d'inhalation, faire éloigner le sujet de la zone polluée et administrer un traitement symptomatique des troubles.


VII. Réparation

TRG 84



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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Acétone

Médecins du Travail
ACÉTONE


I - Généralités

L'acétone est un liquide incolore très volatil. C'est une cétone aliphatique de formule CH3-CO-CH3.
Numéro CAS : 67-64-1.
Synonymes : diméthylcétone, 2-propanone.

Utilisation :
- solvant (industrie des peintures, vernis, encres et colles)
- intermédiaire de synthèse
- solvant de l'acétylène.


II - Propriétés physico-chimiques

L'acétone est miscible à l'eau et à un grand nombre de solvants organiques (éthanol, oxyde de diéthyle et esters). C'est par ailleurs, un excellent solvant d'un grand nombre de produits organiques et minéraux.
L'acétone, stable dans les conditions usuelles d'emploi, peut réagir avec les oxydants puissants et avec certains hydrocarbures halogénés (trichlorométhane) en présence d'une base forte.


III - Propriétés cinétiques principales

L'acétone est un produit lipophile, ayant un tropisme pour le système nerveux central.
Son absorption se fait à 75 % environ par voie pulmonaire du fait de sa haute volatilité.
Il existe également une absorption percutanée.
L'acétone est transformée, en 1,2-propanediol qui est ensuite incorporé au métabolisme du glucose, ou en méthylglyoxol qui se transforme en glucose

L'élimination se fait :
- pour 40 à 70 % par voie pulmonaire sous forme inchangée
- pour 30 % dans les urines soit sous forme inchangée, soit sous forme métabolisée : les métabolites sont les acides acéto-acétique et
béta-hydroxybutyrique.


IV - Toxicité

Organe cible : système nerveux central.

Toxicité aiguë

Après inhalation, les symptômes sont :
- locaux (irritation des yeux et des voies aériennes)
- neurologiques (céphalées, asthénie, vertige, coma)
- digestifs (nausée, vomissement)
Après ingestion et contact cutané, on peut assister à une symptomatologie identique, de moindre importance et avec un intervalle libre de plusieurs heures.
- Sur le plan digestif, on peut avoir une irritation avec hématémèse mais sans complications caustiques.
- En application cutanée, on peut observer un érythème et un léger oedème.

Toxicité chronique

Au cours d'expositions répétées, en dehors des phénomènes d'irritation oculaire et respiratoire, il est parfois noté des signes neurologiques subjectifs, à type d'asthénie, de somnolence et de vertiges.
Sur le plan cutané, on peut observer une dermatose d'irritation.
L'acétone potentialise la toxicité d'organe de l'éthanol, de l'hexane et des hydrocarbures chlorés (tétrachlorure de carbone).


V - Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE - VME :
    VME = 750 ppm, soit 1800 mg/m3.
  • Biométrologie - Indice biologique d'exposition :
    L'acétone urinaire est le paramètre le mieux corrélé aux concentrations atmosphériques.
    Dosage d'acétone dans les urines (ACGIH) : 100 mg/l fin de poste (valeur maximale tolérable).

2) Surveillance médicale

Rechercher à l'embauche et lors des examens périodiques les atteintes neurologiques, oculaires, cutanées ou respiratoires chroniques. Il sera utile de vérifier périodiquement les fonctions hépatiques et rénales.


VI - Traitement d'urgence

En cas de projection cutanée : laver à l’eau après avoir retiré les vêtements imprégnés. Si des signes persistent ou apparaissent, consulter un médecin.
En cas de projection oculaire : laver immédiatement à l’eau pendant au moins 10 minutes. Un examen ophtalmo sera pratiqué si des signes persistent.
En cas d’inhalation : éloigner le sujet de la zone polluée ; s’il est conscient, le placer en position latérale de sécurité.
En cas d’ingestion : si la quantité est peu importante (pas plus d’une gorgée) administrer du charbon médical activé et consulter un médecin. Dans les autres cas, si le sujet est parfaitement conscient, tenter de faire vomir, donner du charbon médical activé et faire hospitaliser.

VII. Réparation

TRG 84
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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Alcool méthylique, méthanol

Médecins du Travail
ALCOOL METHYLIQUE
METHANOL


I. Généralités

Synonymes : méthanol, carbinol, esprit de bois, alcool de bois.

De formule CH3OH, le méthanol se présente sous la forme d'un liquide incolore, d'odeur agréable. Il est produit par synthèse chimique, par distillation du bois. Son numéro CAS est le 67-56-1.
Il est utilisé principalement comme solvant des laques, et des vernis.
Il intervient également dans la fabrication des matières plastiques, il est également employé pour des synthèses organiques (esther, formaldéhyde).


II. Propriétés physico-chimiques

Le méthanol est miscible à l'eau et à l'alcool éthylique. C'est un bon solvant des graisses et de nombreuses matières plastiques. Dans le commerce, on le rencontre sous forme dénaturée, dans laquelle on a dissout des produits pour le rendre impropre à la consommation. Ce sont des mélanges d'alcool méthylique avec de l'acétone et de l'alcool isopropylique.


III. Données cinétiques principales

L'absorption du méthanol se fait par inhalation de vapeurs, par ingestion (substitution frauduleuse à l'alcool éthylique), et plus rarement par voie cutanée.
Le méthanol se distribue rapidement dans les tissus. Une partie est éliminée sous forme inchangée dans l'air expiré et les urines (environ 3 à 10 %).
La majeure partie est métabolisée dans l'organisme en donnant de l'aldéhyde formique (formaldéhyde: HCHO), puis de l'acide formique HCO2H.
Ces deux corps sont responsables de la toxicité du méthanol; l'oxydation du méthanol s'effectue plus lentement que celle de l'éthanol (7 fois plus lentement).
Le site principal de cette oxydation est le foie.
L'éthanol et le méthanol partagent les mêmes voies métaboliques. L'administration d'éthanol en cas d'intoxication au méthanol inhibe son métabolisme et diminue sa toxicité.
La demi-vie biologique du méthanol urinaire est d'environ une à deux heures.


IV. Toxicité

Organes cibles : Nerf optique, Système nerveux central.

Toxicité aiguë

L'intoxication peut se faire par ingestion, inhalation ou par passage percutané :

- Intoxication par ingestion :
L'ingestion de 30 à 100 ml de méthanol, sans traitement, peut être mortelle. Après un temps de latence de quelques heures à quelques jours, on voit apparaître :
- des troubles digestifs (nausées, douleurs épigastriques, vomissements),
- des troubles neuropsychiques (céphalées, ébriété, vertiges, asthénie, somnolence, délire aboutissant au coma avec quelquefois des convulsions)
- des troubles oculaires : névrite rétrobulbaire +++, par ailleurs, on peut avoir des troubles à type de mydriase, abolition du réflexe à la lumière, réduction de l'acuité visuelle conduisant à la cécité.
- des troubles hémodynamiques (à type d'hypotension)
- des troubles métaboliques (à type d'acidose : acétonurie et accumulation d'acide lactique).

- Intoxication par inhalation :
L'intoxication aiguë par inhalation est rare. Cependant, il est décrit des troubles à type d'irritation des muqueuses respiratoires, de la peau et des yeux, ainsi que des troubles neurologiques à type de céphalées, asthénie, vertiges. Des troubles de la vision ont été rapportés.


Toxicité chronique

L'exposition chronique aux vapeurs de méthanol provoque une vision trouble, des vertiges, des céphalées, des nausées. Le contact répété ou prolongé avec le liquide peut donner des signes d’irritation cutanée.


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE-VME :
    VME = 200 ppm, soit 260 mg/m3
    VLE = 1 000 ppm, soit 1300 mg/m3.
  • Biométrologie :
    Il semble qu'il existe une bonne corrélation entre le méthanol urinaire recueilli à la fin d'une période d'exposition et l'intensité de l'exposition. On peut estimer que chez les sujets exposés à 200 ppm, à des vapeurs de méthanol pendant 8 heures, on peut trouver 5 à 10 mg/l de méthanol urinaire.
  • Indices biologiques d'exposition (Valeurs guides utilisables en France) :
    méthanol urinaire : 15 mg/l fin de poste

2) Surveillance médicale

Eviter d’exposer les sujets présentant une atteinte fonctionnelle hépatique sérieuse, due notamment à un éthylisme.
Surveiller les sujets atteints d'affection oculaire ou du système nerveux central.
Lors des visites ultérieures de surveillance, pratiquer un examen clinique à la recherche d’une éventuelle atteinte neurologique, oculaire ou hépatique ainsi que des signes d’irritation cutanée. Cet examen pourra être complété par des tests hépatiques.

VI. Protocole d'urgence

Le traitement d'urgence comprend :

1 - Lavage gastrique en cas d'ingestion (décontamination)

2 -Traitement spécifique : antidotes du méthanol

a) Blocage de l'oxydation de l'alcool déshydrogénase du méthanol :
- perfusion intraveineuse de 10 à 15 ml d'éthanol par heure avec une dose de charge de 0,6 g/kg, ce qui induit une éthanolémie autour de 1 g/l
- administration de 4-méthylpyrazole à la dose de 15 mg/kg d'emblée puis 5 mg/kg 12 heures plus tard.

b) hémodialyse :
Certains auteurs recommandent une hémodialyse quand une de ses conditions est remplie :
- méthanol sanguin supérieur à 0,5 g/l,
- acidose métabolique
- troubles mentaux ou visuels
- ingestion d'une quantité supérieure à 30 ml de méthanol.

3 -Traitement symptomatique :
Si acidose --> administration de bicarbonate de sodium en intraveineux.

4 - Maintien des fonctions vitales en cas de défaillance, avec réanimation cardiorespiratoire : lutte contre l'hypotension et ventilation assistée pour favoriser l'élimination du méthanol.


VII. Réparation

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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Alcool isoprolyque, isopropanol

Médecins du Travail
ALCOOL ISOPROPYLIQUE
ISOPROPANOL


I – Généralités

L'alcool isopropylique ou isopropanol ou 2-propanol, de formule CH3-CHOH-CH3 est un liquide incolore, d'odeur âcre, volatil à température ambiante.

Son numéro CAS est le 67-63-0.

L'alcool isopropylique est utilisé en France de manière essentiellement industrielle. Une partie est consacrée à la synthèse de l'acétone, l'autre partie à l'extraction d'huile, de parfum, de résines naturelles ou synthétiques. L'alcool isopropylique est utilisé également en cosmétologie et en pharmacie où il rentre dans la composition du "rubbing alcohol", et ce à 70 %, employé comme agent révulsif.


II - Propriétés physicochimiques principales

L'alcool isopropylique est soluble dans l'eau, dans l'éthanol et dans l'éther éthylique. Sa tension de vapeur est de 44 mg de Hg à 25° C. Son poids moléculaire est de 60. Un ppm d'alcool isopropylique correspond donc à 2,46 mg/m3 dans les conditions standards de température et de pression.

III - Propriétés cinétiques principales

Rapidement absorbé par voie respiratoire et digestive (estomac et intestin), l'alcool isopropylique se distribue dans tout l'organisme. Il est métabolisé par oxydation dans le foie avec formation d'acétone éliminée dans l'air expiré et les urines.
L'alcool isopropylique comme l'éthanol peut augmenter la toxicité du tétrachlorure de carbone.


IV - Toxicité chez l'homme

Organe cible : système nerveux central
L'action membranaire de l'alcool isopropylique, comme pour tous les solvants, explique les signes neurologiques de l'intoxication aiguë.

Toxicité aiguë
Par ingestion, l'intoxication aiguë débute par des troubles digestifs suivis après 30 à 60 minutes de troubles de la conscience. L'intoxiqué est ébrieux puis sombre dans un coma calme, hypotonique et aréflexique.
L'isopropanol est deux fois plus neurotoxique que l'éthanol.
Sous forme de vapeurs, il provoque une irritation modérée des yeux, du nez et de la gorge.

Toxicité à terme
- Au niveau de la peau, l'isopropanol entraîne des dermites d'irritation.
- Au niveau des muqueuses, il entraîne des signes d'irritation du nez, des yeux et du pharynx.


IV - Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE – VME :
    VLE = 400 ppm, soit 980 mg/m3
  • Indice biologique d'exposition (valeurs de référence BAT) :
    - acétone dans le sang : 50 mg/l fin de poste
    - acétone urinaire : 50 mg/l fin de poste

2) Surveillance médicale

Il faut être vigilant chez le sujet présentant une atteinte neurologique, cutanée, oculaire ou respiratoire chronique. Eviter d’exposer des sujets présentant une atteinte fonctionnelle hépatique sérieuse notamment due à un éthylisme.


VI - Conduite à tenir en cas d'urgence

En cas de projection cutanée, laver immédiatement à grande eau et retirer les vêtements souillés.
En cas de projection oculaire, laver immédiatement à l’eau pendant 15 minutes.
En cas d’intoxication massive, le traitement comprend deux parties :

1 - mesures d'ordre symptomatique
- ventilation artificielle
- correction de l'hypotension et équilibre hydroélectrolytique.

2 - Mesures d'épuration du toxique
- lavage gastrique (épuration digestive)
- épuration extrarénale : dialyse péritonéale ou hémodialyse à réaliser précocement en raison de la cinétique rapide du toxique.
L'hémodialyse entraîne une amélioration spectaculaire : réveil du patient et rétablissement de l'état hémodynamique.


VII. Réparation

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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Alcool éthylique, éthanol

Médecins du Travail
ALCOOL ETHYLIQUE
ETHANOL


I. Généralités

Synonymes : éthanol, méthyl carbinol, alcool ordinaire.

De formule C2H5OH, l'alcool éthylique ou éthanol est un alcool dérivé de l'éthane (hydrocarbure aliphatique de formule C2H6). Son numéro CAS est le 64-17-5.

Il se présente sous la forme d'un liquide incolore connu par son utilisation dans l'industrie des produits pharmaceutiques.

On le retrouve dans l'industrie des parfums, matières colorantes et comme solvant dans l'industrie des peintures et vernis... Egalement comme constituant d'antigels et de carburants spéciaux.


II. Propriétés physico-chimiques

L'éthanol a une odeur agréable, il est miscible à l'eau mais également dans les alcools, l'éther éthylique, le benzène et la plupart des solvants organiques.
C'est par ailleurs, un bon solvant des graisses et de nombreuses matières plastiques.
L'éthanol est un produit combustible, il brûle en donnant avec l'air, de l'eau et de l'anhydride carbonique.
C'est un produit très inflammable dont les vapeurs peuvent former des mélanges explosifs avec l'air.


III. Données cinétiques principales

L'éthanol est essentiellement absorbé par voie digestive, mais également par voie pulmonaire.
L'absorption percutanée est faible. Il diffuse rapidement dans tout l'organisme pour être ensuite oxydé dans le foie (80 à 90 %) en aldéhyde acétique puis en acide acétique, alors que 5 % environ est éliminé tel quel dans l'air expiré, les urines, la sueur.


IV. Toxicité

Toxicité aiguë
L'inhalation de quantités toxiques de vapeurs d'éthanol dans l'industrie est rare. C'est un solvant qui peut être considéré comme assez inoffensif. On peut cependant lors d'une exposition à des concentrations élevées de vapeurs avoir une irritation des muqueuses, des voies respiratoires supérieures et des yeux ; un état d'ébriété ainsi que des céphalées et des vertiges.

Toxicité chronique
L'éthylisme chronique est exceptionnel dans les conditions d'emploi industriel de l'éthanol.


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE-VME :
    VME = 1 000 ppm soit 1900 mg/m3
    VLE = 5 000 ppm
  • Biométrologie :
    Les dosages d’alcool éthylique dans le sang, en cours ou en fin d’exposition, ne sont interprétables que si l’on connaît précisément l’absorption d’alcool d’origine alimentaire du sujet. En milieu professionnel, ils sont d’une utilité limitée pour apprécier l’intensité de l’exposition : après une exposition supérieure à la VME (1000 ppm), les concentrations sanguines d’éthanol n’étaient toujours pas détectables à la 3ème heure.


2) Surveillance médicale

Il est recommandé tant lors de l'embauche, que lors des visites périodiques d'éloigner les sujets présentant une atteinte fonctionnelle hépatique sérieuse due notamment à un éthylisme.
Un bilan hépatique avec mesure notamment des GGT (Gamma glutamyl transférases) serait un bon examen de surveillance des sujets exposés.

VI. Conduite à tenir en cas d'urgence

Le traitement est symptomatique (lavage à grande eau de manière prolongée, enlever les vêtements souillés).

VII. Réparation

TRG 84
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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Alcool butylique, butanol

Médecins du Travail
ALCOOL BUTYLIQUE
BUTANOL


I. Généralités

Synonymes : alcool n-butylique, n-butanol, propylcarbinol, 1-butanol.

Le butanol ou alcool butylique est un liquide incolore, très réfrigérant, d'odeur alcoolique.

Formule chimique C4H9OH (CH3-CH2-CH2-CH2OH). Son numéro CAS est le 7-36-3.

On rencontre l'alcool butylique comme agent d'extraction ou comme constituant intermédiaire dans la synthèse de l'acétate de butyle et du phtalate de dibutyle.


II. Propriétés physico-chimiques

Le n-butanol est soluble dans l'eau ; il est miscible à l'alcool, à l'éther et à la plupart des solvants organiques. C'est par ailleurs un bon solvant des graisses, des huiles et des résines.
Comme tous les alcools primaires, il subit les réactions d'oxydation et de déshydrogénation conduisant à la formation d'aldéhyde butyrique. Le butanol brûle avec une flamme très lumineuse.


III. Données cinétiques principales

L'absorption du butanol peut être respiratoire ou cutanée ; cette dernière pouvant être quantitativement supérieure à l'absorption respiratoire. La rétention pulmonaire est d'environ 40 à 50 % du produit inhalé en fonction de l'état d'activité du sujet. L'oxydation métabolique par l'alcool déshydrogénase entraîne une disparition rapide du butanol sanguin. Le principal métabolite est l'acide iso butyrique alors que le métabolite final est le gaz carbonique qui est éliminé par voie respiratoire.

IV. Toxicité chez l'homme

Organe cible : système nerveux central.
Le n-butanol a une action dépressive directe sur le système nerveux central supérieure à celle des autres alcools.

Toxicité aiguë
La faible volatilité de cet alcool explique probablement l'absence de symptomatologie neurologique sévère.
Des céphalées, vertiges et sensations de malaises sont les éléments les plus rapportés.
Le n-butanol est modérément irritant pour la peau mais peut entraîner de sévères brûlures cornéennes par projection oculaire.
Chez l'homme des irritations conjonctivales et des muqueuses pharyngées nasales peuvent être notées. Des dermites des mains ont également été rapportées.

Toxicité chronique
Chez l'homme, une surveillance biologique, hépatique, hématologique et rénale d'une cohorte exposée pendant 10 ans n'a rien permis de déceler. Par contre, cette population exposée dans les premières années à des concentrations pouvant atteindre 200 ppm de n-butanol, a développé une pathologie oculaire à type d'œdème cornéen et d'œdème conjonctival. Cela s'est traduit par des brûlures oculaires, une vision trouble, un larmoiement ; les signes s'exagèrent en fin de semaine de travail et régressent à l'arrêt de l'exposition.
Les effets systémiques les plus sérieux concernent les atteintes des nefs auditifs.
Des dermatoses sont observées au niveau des mains sous la forme de lésions eczématiformes avec fissuration.


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition :

- VLE VME : VLE = 50 ppm, soit 150 mg/m3.

- Biométrologie : le dosage de l'alcool butylique sanguin a été proposé pour la surveillance des sujets exposés.

2) Surveillance médicale

A l'embauchage, être particulièrement vigilant chez les sujets présentant une atteinte neurologique centrale ou périphérique, cutanée, oculaire ou respiratoire chronique. Ainsi que chez les sujets présentant une atteinte fonctionnelle hépatique sérieuse notamment due à un éthylisme.
Lors des visites ultérieures, l'examen clinique doit rechercher une éventuelle atteinte neurologique, ainsi que des signes d'irritation oculaire, cutanée et respiratoire.


VI. Conduite à tenir en cas d'urgence

En cas de projection cutanée ou oculaire, laver immédiatement à grande eau et pendant au moins 15 minutes. Retirer les vêtements souillés.

VII. Réparation

TRG 84
TRA 48



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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Trichlorofluorométhane

Médecins du Travail
TRICHLOROFLUOROMETHANE


I. Généralités

Le trichlorofluorométhane est un liquide incolore appartenant à la famille des fluoroalcanes.
Synonymes : fluorotrichlorométhane
F11; FC11; R11
Formule chimique : CCl3F. Son numéro CAS est le 75-69-4.

Utilisation : ces usages sont maintenant limités par l’interdiction en application du protocole de Montréal.
- Solvant pour le dégraissage des circuits imprimés et pour le nettoyage à sec des textiles
- Réfrigérant pour les systèmes de conditionnement d'air industriel
- Propulseur pour aérosol
- Agent gonflant pour les mousses de polymères


II. Propriétés physico-chimiques

Le trichlorofluorométhane est peu miscible dans l'eau mais est miscible dans de nombreux solvants organiques.
Il est comme la plupart des fluoroalcanes doué d'une grande stabilité et d'une grande inertie chimique.
Cependant, lors de pyrolyse, il donne naissance à des produits irritants et toxiques: acide chlorhydrique, acide fluorhydrique et phosgène.


III. Données cinétiques principales

Le Trichlorofluorométhane pénètre dans l'organisme par voie respiratoire, la majeure partie du produit, soit 80% est éliminée dans l'air expiré sans être biotransformée.
Les 20% restant se retrouvent dans le sang et le tissu pulmonaire ; la concentration sanguine est fonction de la concentration dans l'atmosphère mais indépendante de la durée d'exposition.


IV. Toxicité chez l'homme

Organes cibles : système nerveux central, cœur.

Toxicité aiguë
Par inhalation, le trichlorofluorométhane peut à de très fortes concentrations être à l'origine de dépression respiratoire et avoir également une action cardiotoxique.
Une atteinte neurologique allant de l'étourdissement à la perte de conscience ainsi qu'une irritation oculaire apparaissent pour une concentration autour de 5%.

Toxicité chronique
La toxicité des fluoroalcanes serait nettement plus faible que celle des chloroalcanes.
Cependant, le contact prolongé ou répété avec le liquide peut occasionner des dermatoses.

V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

- VLE / VME : VLE = 1 000 ppm (0,1%) soit 5600 mg par m3

2) Surveillance médicale

Surveillance médicale spéciale
Être vigilant tant à l'embauche que lors des visites périodiques chez les sujets porteurs d'une affection cardiaque ou respiratoire chronique.


VI. Conduite à tenir en cas d'urgence

En cas de projection cutanée ou oculaire, laver immédiatement à grande eau.
En cas de d’inhalation massive, retirer la victime de la zone polluée et débuter une réanimation symptomatique. Une surveillance neurologique et cardio-vasculaire est recommandée dans les heures qui suivent l’accident. En cas de collapsus, ne pas utiliser des médicaments adrénergiques.


VII. Réparation


Maladie à caractère professionnel.



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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Monochlorobenzène, chlorobenzène

Médecins du Travail
MONOCHLOROBENZENE
CHLOROBENZENE


I. Généralités

Le chlorobenzène est un liquide incolore, volatil, de formule C6H5Cl.
Son numéro CAS est le 108-90-7.
Il est utilisé comme solvant, dégraissant et intermédiaire de synthèse organique notamment pour la fabrication des colorants et des pesticides.


II. Propriétés physico-chimiques

Le chlorobenzène a une odeur agréable d'amande et détectable dès 0,2 ppm.


III. Données cinétiques principales

Le chlorobenzène est rapidement absorbé par voie pulmonaire, de façon moindre par voie digestive.
Son métabolisme est rapide et utilise plusieurs voies qui toutes passent par la formation d'un époxyde intermédiaire réactif : le 4-chlorobenzène-1,2-époxyde. Cet intermédiaire aboutit par oxydation chez l'homme au 4-chlorocatéchol, aux chlorophénols et à leurs dérivés sulfo et glucuronoconjugués. Une faible proportion du chlorobenzène est éliminée sous forme inchangée dans l'air expiré et dans les urines. Le chlorobenzène ne s'accumule pas dans l'organisme.
Le 4-chlorocatéchol et le 4-chlorophénol libres et conjugués sont les principaux métabolites urinaires et représentent environ 90 % des produits excrétés dans les urines.


IV. Toxicité

Organes cibles : système nerveux central, foie, reins.

Toxicité aiguë

Par inhalation, le chlorobenzène est un narcotique puissant, un toxique hépatique, un irritant de la peau, des muqueuses oculaires et respiratoires.

Toxicité chronique

Les effets de l'exposition chronique s'exercent principalement sur le système nerveux central. En milieu professionnel, l'inhalation de chlorobenzène peut être à l'origine de signes neurologiques (céphalées, vertiges, troubles de la sensibilité), de signes d'irritation des voies aérodigestives supérieures, de lésions hépatiques, rénales et pulmonaires.
Des contacts répétés et prolongés du liquide avec la peau peuvent entraîner des dermatoses irritatives.


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE-VME :
    VME = 10 ppm en France et aux USA.
  • Biométrologie :
    le dosage du 4-chlorocatéchol total et du 4-chlorophénol total dans les urines (fin de poste) est un bon indicateur biologique de l'exposition récente au chlorobenzène.
  • Indices biologiques d'exposition (ACGIH et Valeurs guides utilisables en France) :
    4-chlorocatéchol total urinaire : 150 mg/g c fin de poste
    4-chlorophénol total urinaire : 25 mg/g c fin de poste

2) Surveillance médicale

Surveillance médicale spéciale
A l'embauche, éviter d'exposer au chlorobenzène les personnes atteintes d'affection hépatique ou rénale chronique. Lors des visites périodiques, rechercher particulièrement les signes d'irritation cutanée, oculaire ou respiratoire.


VI - Conduite à tenir en cas d'urgence

En cas de contact cutané, laver la peau à grande eau, immédiatement et pendant 15 minutes au moins. Retirer en même temps les vêtements, même faiblement souillés.
En cas de projection oculaire, laver immédiatement et abondamment à l’eau pendant 15 minutes au moins.


VII. Réparation

TRG 9



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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Tétrachloréthylène, perchloréthylène

Médecins du Travail

TETRACHLORETHYLENE
PERCHLORETHYLENE

I. Généralités

Formule : CCl2=CCl2


Le perchloréthylène est un dérivé halogéné insaturé des hydrocarbures aliphatiques et notamment de l'éthylène (CH2=CH2) dont le numéro CAS est le 127-18-4.

C'est un liquide incolore, volatil, dont l'odeur éthérée même si elle est moins marquée, rappelle fortement celle du trichloréthylène et du chloroforme.

Utilisation :
- solvant de nettoyage à sec des vêtements et dégraissage des pièces métalliques
- secteur de l'imprimerie
- fabrication des produits d ‘entretien
- dissolution des vernis, des couleurs...


II. Propriétés physico-chimiques

Le perchloréthylène est insoluble dans l'eau mais miscible dans la plupart des solvants organiques.
Le perchloréthylène dissout un grand nombre de substances telles que les graisses, les huiles, les résines...
En cas de pyrolyse, il y a un risque de production de phosgène.


III. Données cinétiques principales

Le perchloréthylène est principalement absorbé par voie respiratoire mais aussi par voie cutanée.
Il s'accumule pour une partie dans le tissu graisseux. L'élimination du perchloréthylène se fait pour une majeure partie sous forme inchangée dans l'air expiré, alors que 10 % est biotransformé pour donner de l'acide trichloroacétique que l'on retrouve dans les urines, il n'y a pas de formation de trichloréthanol.


IV. Toxicité

Organe cible : système nerveux central, cœur, foie.

Toxicité aiguë
La toxicité du perchloréthylène se rapproche de celle du trichloréthylène : dépression du système nerveux central.
Les vapeurs entraînent une irritation des yeux, des voies respiratoires et une dépression du système nerveux (syndrome narcotique).
Le contact cutané peut provoquer une dermite.

Toxicité chronique
L'exposition prolongée à des doses modérées peut provoquer fatigue, vertiges, ébriété, troubles de la mémoire et intolérance à l'éthanol.
Comme les autres solvants chlorés, il peut entraîner des dermatoses.
Par ailleurs, il peut être responsable d'induction enzymatique se traduisant par une élévation des gamma GT.
Le perchloréthylène traverse la barrière foetoplacentaire. Le risque d’avortements spontanés a été soulevé par des études épidémiologiques.
Sur le plan de la cancérogénicité, le perchloréthylène est classé dans la catégorie 3 par l'union européenne et 2A par le CIRC.

V. Surveillance en médecine du travail


1) Évaluation de l'exposition

  • VLE-VME : VME indicative = 50 ppm, soit 335 mg/m3.
  • Biométrologie :
    Indices biologiques d'exposition (ACGIH et Valeurs guides utilisables en France) :
    - pour le perchloréthylène sanguin : 1 mg/l (avant le dernier poste de la semaine)
    - pour l'acide trichloroacétique urinaire (TCA) : 7 mg/l (en fin de semaine)
    - perchloréthylène dans l'air de fin d'expiration : 5 ppm ( avant le dernier poste de la semaine).
    - Pour 50 ppm (VME), TCA+TCE = 19 mg/ml


    2) Surveillance médicale

Surveillance médicale spéciale
Au niveau de l'examen périodique et devant des troubles neurologiques même mineurs, demander des tests psychométriques.


VI. Conduite à tenir en cas d'intoxication aiguë

Le traitement est symptomatique (cf. trichloréthylène).

 

VII. Réparation

TRG 12



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Sujet: Médecins du Travail

   Toxicologie: Trichloroéthylène

Médecins du Travail

TRICHLOROETHYLENE


I. Généralités

Le trichloréthylène, de formule CHCl=CCl2, est un dérivé chloré insaturé des hydrocarbures aliphatiques dont le numéro CAS est le 79-01-6.

Le trichloréthylène est utilisé dans le dégraissage et nettoyage des pièces métalliques ; dans le dégraissage industriel de fibres textiles ; dans l'extraction des huiles et des graisses, ...


II. Propriétés physico-chimiques

Le trichloréthylène est un liquide incolore, volatil, ayant une odeur qui rappelle celle du chloroforme. Il est pratiquement insoluble dans l'eau, mais miscible à la plupart des solvants organiques.
Des additifs tels que amines, époxydes sont utilisés en petite quantité (souvent moins de 1 %) pour stabiliser le trichloréthylène commercial.
Le trichloréthylène peut engendrer du phosgène lors de sa pyrolyse.


III. Données cinétiques principales


La pénétration du trichloréthylène se fait essentiellement par voie respiratoire en milieu industriel. Elle se fait accessoirement par voie cutanée principalement sous forme liquide, et exceptionnellement par voie digestive (accidentelle).
70 % du trichloréthylène est éliminé sous forme inchangée dans l'air expiré.
70 à 80 % du trichloréthylène qui n'est pas exhalé est métabolisé en hydrate de chloral, par l'intermédiaire d'un dérivé époxydé, lui-même converti en acide trichloracétique (TCA) et trichloréthanol (TCE).


IV. Toxicité

Organes cibles : système nerveux central, cœur.

Toxicité aiguë

L'intoxication aiguë résulte de l'inhalation forte de concentrations de vapeurs ou de l'ingestion accidentelle ou volontaire de trichloréthylène liquide.
La symptomatologie comporte :
- des signes neuropsychiques
- légers : ébriété, excitation, étourdissement ou engourdissement
- plus marqués : somnolence, obnubilation
- graves : coma, narcose
- des signes cardiaques
Ils sont à type d'hyperexcitabilité myocardique pouvant engendrer une fibrillation ventriculaire (survenue possible jusqu'à 10 jours après l'intoxication aiguë).
- des signes digestifs
Ce sont des nausées, des vomissements, de la diarrhée, ainsi que des hémorragies digestives. Les vomissements sont responsables de lésions d'irritation buccale et péribuccale en raison de l'action caustique du trichloréthylène.
- autres manifestations (plus rares)
- pulmonaire : syndrome de détresse respiratoire aigu en cas de vomissements intrabronchiques.

Toxicité chronique

Lors de l'exposition chronique au trichloréthylène, les manifestations signalées sont d'ordre neurologique surtout.
- Il est signalé des atteintes neuropsychiques à type de vertiges, céphalées, modification de l'humeur, irritabilité, anxiété, troubles du sommeil et troubles de la mémoire, ainsi que des atteintes des nerfs périphériques : multinévrite au niveau des nerfs crâniens, névrite du trijumeau (analgésique et bilatérale) et névrite optique.
- A signaler également une hyper excitabilité myocardique.
- Comme de nombreux solvants, le trichloréthylène est susceptible de provoquer des dermatoses d'irritation.
- Des hépatites immunoallergiques ont été décrites.
Le trichloréthylène traverse la barrière foétoplacentaire et a par ailleurs un effet abortif.

Cancérogénicité.

Le trichloréthylène est classé dans le groupe IIA : cancérogène probable (IARC) et dans le groupe 2 : cancérogène possible (classification européenne).


V. Surveillance en médecine du travail

1) Évaluation de l'exposition

  • VLE-VME :
    VME = 75 ppm, soit 405 mg/m3
    VLE = 200 ppm, soit 1080 mg/m3.
  • Biométrologie :
    Valeurs guides utilisables en France :
    - le trichloréthanol sanguin ( TCE ) : 4 mg/l ( en fin de poste et fin de semaine).
    - TCA urinaire : 100 mg/g c (fin de semaine)
    - TCA + TCE urinaires : 300 mg/g c (en fin de poste et fin de semaine).
    Le dosage simultané de TCA et TCE constitue le meilleur reflet de l'exposition au trichloréthylène métabolisé. En effet l'excrétion du trichloréthanol urinaire est le reflet d'une exposition récente (demi-vie TCE : 10 à 15 heures) alors que l'excrétion du TCA (acide trichloracétique) est le reflet de l'exposition des jours précédents (demi-vie TCA : 70 à 100 heures).

2) Surveillance médicale

Surveillance médicale spéciale
L'examen systématique sera soigneux à la recherche de troubles neuropsychiques (irritabilité, troubles mnésiques...) et de troubles cutanés.
On recherchera une prise médicamenteuse ou une intoxication éthylique pouvant potentialiser les effets du trichloéthylène.


VI. CAT en cas d'intoxication aiguë

Le traitement est symptomatique.

En cas de projection oculaire ou cutanée, un lavage abondant pendant au moins 15 minutes de la zone projetée est préconisé.

En cas d'ingestion importante, un lavage gastrique ou une aspiration après intubation trachéale est pratiqué si le patient est inconscient, sinon du charbon actif est administré. Par la suite, un traitement symptomatique des troubles est réalisé en milieu spécialisé.

En cas d'inhalation, il faut éloigner le sujet de la zone polluée avant d'envisager toute prise en charge.

Un monitoring cardiaque et des Bétabloquants peuvent être indiqués pour le traitement de l'hyperexcitabilité myocardique.

Il faut être particulièrement prudent quant à l'exposition des personnes présentant une dermatose chronique, une atteinte hépatique chronique, des troubles cardiovasculaires, neurologiques, un éthylisme chronique ou une maladie psychiatrique.



VII. Réparation

TRG 12



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