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Intoxication
par le plomb d'origine professionnelle
Dernière
mise à jour : 01/09/1998

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Le saturnisme, intoxication
par le plomb ou ses dérivés, a été la première maladie professionnelle
reconnue. Le plomb est un métal gris bleuâtre mou très malléable avec
une température de fusion peu élevée (327°) et qui émet des vapeurs dès
500°. Il est insoluble dans les solvants organiques usuels et pratiquement
insoluble dans l'eau. La grande résistance de ce métal aux acides (sauf
à l'acide nitrique) et sa malléabilité expliquent ces nombreux emplois.
Même si le nombre de cas de saturnisme reconnus en maladie professionnelle
en France est en diminution, cette pathologie existe encore dans notre
pays. Toutefois la plupart des cas sont des cas de saturnisme biologique
sans manifestation clinique.
Seuls les dérivés inorganiques du plomb qui interviennent dans la synthèse
de l'hème sont à l'origine des pathologies que nous allons décrire par
la suite. Les dérivés organiques du plomb n'occasionnent pas de perturbation
hématologique, ils sont responsables d'encéphalopathies.
I. Physiopathologie
Voies de pénétration
dans l'organisme.
La pénétration dans l'organisme du plomb et de ses composés minéraux
(inorganiques) est avant tout digestive, par déglutition des particules
et des poussières inhalées, et surtout par défaut d'hygiène : contact
avec les mains souillées, onycophagie, repas et consommation de tabac
sur le lieu du travail. L'intoxication par le plomb est une "maladie
des mains sales". Environ 10 % de la quantité ingérée est absorbé.
Les poussières, vapeurs et fumées de plomb sont inhalables. 50 % de
la dose inhalée atteignant les alvéoles est absorbée.
En revanche, il n'y a pas de pénétration percutanée significative pour
les dérivés inorganiques du plomb, ni pour les dérivés organiques en
l'absence de lésion cutanée.
Métabolisme du plomb
Le plomb est transporté dans le sang principalement sous forme liée
aux globules rouges (95 %). La distribution du plomb est tri-compartimentale.
Le premier compartiment où la demi-vie du plomb est de 35 jours comprend
le pool sanguin et les tissus directement en équilibre avec celui-ci.
Le deuxième compartiment est formé des tissus mous (foie, reins, muscles,
peau) où la demi-vie du plomb est d'environ 40 jours. Le troisième compartiment
est constitué des tissus osseux où le plomb est stocké sous forme de
trisulfate de plomb insoluble et très peu toxique : la demi-vie du plomb
stockée est alors de l'ordre de 5 à 20 ans.
Excrétion
La voie d'excrétion principale est le rein. La concentration urinaire
est proportionnelle au plomb plasmatique, de sorte que la quantité filtrée
reste faible puisque la majorité du plomb sanguin est fixée aux hématies.
Le plomb fécal reflète plus le plomb non absorbé par l'intestin que
le plomb excrété.
Mécanisme de la toxicité du plomb
Le plomb est un toxique cumulatif dont les principaux organes cibles
sont la moelle osseuse, le système nerveux central et le rein. Bien
que le plomb soit l'un des plus anciens métaux utilisés et que son action
toxique fût déjà décrite par Hippocrate, les divers mécanismes de son
action toxique ne sont pas encore complètement élucidés.
Au niveau de la moelle, le plomb a une grande affinité pour les groupements
thiols et inhibe plusieurs enzymes nécessaires à la synthèse de l'hème.
L'accumulation des substrats de ces enzymes sert de base à la surveillance
biologique des salariés exposés au plomb, principalement l'acide d-aminolévulinique
(ALA-U) dont le taux urinaire augmente et les protoporphyrines érythrocytaires
peu solubles qui s'accumulent dans les hématies (PPZ) cf.schéma.
Outre la diminution de l'érythropoïèse par inhibition de la synthèse
de l'hème, le plomb possède aussi une toxicité directe sur les hématies
circulantes et provoque une hémolyse.
Expérimentalement, le plomb a un effet sur l'appareil cardio-vasculaire
: il entraîne une vasoconstriction artériolaire et un effet hypertenseur.
Le plomb exerce une action neurotoxique périphérique et centrale. Il
interfère avec la synthèse et la libération de l'acétylcholine. L'action
neurotoxique pourrait résulter en partie de l'accumulation de l'acide
delta-aminolévulinique.
Si le plomb n'a qu'une faible toxicité rénale aiguë, l'intoxication
chronique est responsable de lésions glomérulaires aspécifiques, avec
sclérose et présence de dépôt fibrinoïdes intercapillaires, fibrose
interstitielle et artériolaire, avec atrophie, dilatation et obstruction
tubulaire et hyperplasie artériolaire. La néphropathie saturnine pourrait
être secondaire à l'action de l'hypertension artérielle sur la vascularisation
rénale.
II. Etiologie des intoxications d'origine professionnelle
III. Diagnostic
Le degré de l'intoxication
au plomb dépend du rapport entre les entrées dans le pool (absorption
et libération à partir de l'os) et les sorties (élimination urinaire et
fixation squelettique) : on peut schématiquement distinguer 4 degrés :
- saturnisme aigu
: absorption massive débordant les capacités de détoxication (plombémie
élevée et signes cliniques graves d'emblée). Ces intoxications aiguës
sont exceptionnelles, souvent d'origine criminelle ou accidentelle
et ne seront pas traitées ici.
- saturnisme subaigu
: absorption répétée importante, supérieure aux possibilités de fixation
osseuse et d'élimination. L'ascension de la plombémie est progressive.
Il existe une latence clinique de quelques semaines ou quelques mois
au bout desquels apparaissent des signes cliniques graves.
- saturnisme chronique
: absorption presque compensée par la fixation osseuse avec augmentation
progressive du plomb osseux. La plombémie augmente très lentement.
La latence clinique est plus longue (des mois à des années), puis
apparaissent des symptômes cliniques mineurs. Des manifestations cliniques
majeures tardives surviennent de façon inconstante.
- imprégnation
excessive asymptomatique : l'absorption est entièrement compensée
par la fixation osseuse, qui croît lentement. La plombémie est quasi
stationnaire et il n'y a pas de signe clinique.
Les 2 derniers degrés peuvent se révéler cliniquement du fait d'une
libération du plomb osseux (ostéoporose sénile par exemple) ou d'une
fragilisation de l'organisme (grand âge, affection intercurrente). Il
est donc légitime d'englober toutes les imprégnations excessives sous
le terme de saturnisme, d'autant que dans les formes latentes, des explorations
fines font 1a preuve d'altérations neuropsychiques infracliniques. Mais
cette position est controversée, certains ne qualifiant de saturnisme
que les formes cliniquement avérées. Les manifestations de l'intoxication
au plomb dépendent en outre de la sensibilité individuelle. La femme
enceinte, le fœtus, l'enfants, le vieillard et le sujet atteint
d'une ostéopathie diffuse ou d'une autre affection (anémie) sont beaucoup
plus fragiles que l'homme adulte normal.
III.1. Clinique
- Accidents
aigus
- On observe principalement
des accidents aigus à type de colique de plomb, qui est en fait une
manifestation aiguë de l'intoxication chronique ou subaiguë au plomb.
Souvent révélatrice de l'intoxication au plomb, la colique de plomb
ou colique saturnine peut en imposer pour une urgence abdominale chirurgicale
type occlusion. Les crises douloureuses, paroxystiques, initialement
péri-ombilicales puis diffuses, s'accompagnent de sueurs, pâleur,
vomissements, constipation, et d'une poussée hypertensive. Il n'y
a pas de fièvre, le ventre reste souple à la palpation.
L'ASP est normal ou montre une distension colique purement aérienne
; l'amylasémie peut être modérément augmentée. I1 existe en général
une légère anémie témoin de l'exposition chronique ; chez les sujets
fortement intoxiqués, l'anémie est marquée, avec une composante hémolytique
(élévation de la bilirubine, hyperréticulocytose et haptoglobine effondrée).
Les formes atténuées (douleurs vagues, troubles dyspeptiques, tension
artérielle modérément élevée) sont les plus fréquentes actuellement.
- Exposition
chronique
Encéphalopathie saturnine
: Elle est devenue historique en milieu professionnel. Chez l'adulte,
la forme la plus souvent rencontrée est la forme mineure associant
céphalées, insomnies, troubles de l'humeur, troubles mnésiques, irritabilité,
asthénie, difficultés de concentration, diminution de la libido, troubles
du sommeil, etc.
Paralysie anti-brachiale pseudo-radiale
(C7) : elle est devenue exceptionnelle. L'atteinte
purement motrice se manifestait au début par une paralysie des extenseurs
des 3ème et 4ème doigts de la main dominante, en respectant le long
supinateur : le sujet " fait les cornes " lorsqu'on lui demande de
relever les doigts.
Anémie : l'anémie de
l'intoxication saturnine est toujours modérée. Elle est normochrome
(ou discrètement hypochrome), normocytaire, régénérative, à ferritine
normale ou légèrement augmentée. On peut retrouver occasionnellement
des hématies circulantes " ponctuées ", globules rouges immatures
contenant des résidus d'ARN ribosomal, sous forme de granulations
basophiles non spécifiques de l'intoxication saturnine.
Atteinte rénale : la néphropathie saturnine est initialement une tubulopathie
proximale. L'atteinte rénale tardive s'observe après 10 à 15 ans de
forte exposition. Il existe alors une insuffisance rénale modérée
due à des lésions glomérulaires et tubulo-interstitielles sans caractère
spécifique.
Hypertension artérielle
: la colique de plomb s'accompagne parfois d'une poussée hypertensive.
A un stade tardif de l'intoxication saturnine, la constatation d'une
HTA est habituelle.
Le liseré de Burton,
liséré gingival bleu ardoisé localisé au collet des incisives et des
canines dû à l'élimination salivaire du sulfure de plomb et les tâches
de Gubler, taches bleu ardoisé situées sur la face
interne des joues, sont des manifestations du saturnisme rarement
observées. Elles témoignent de l'exposition au plomb et sont observées
en cas de mauvaise hygiène bucco-dentaire : elles ne reflètent ni
l'ancienneté, ni l'intensité de l'intoxication.
III.2. Diagnostic biologique
- Tests reflétant
l'exposition
- La plombémie
reflète l'exposition récente et est le meilleur indicateur d'exposition
au plomb des semaines précédentes lorsque l'exposition est stable.
Elle ne mesure pas la charge en plomb de l'organisme : à distance
de tout contact avec le plomb, elle sous-estime le pool de plomb
; dans les jours qui suivent une contamination massive, elle le
surévalue.
- La plomburie provoquée par EDTA (ou DMSA), préférée à la plomburie
spontanée trop fluctuante, est le test diagnostic de saturnisme
: c'est le meilleur indicateur biologique de la dose interne. Elle
permet l'évaluation de la quantité de plomb mobilisable biologiquement
actif.
- ALA-U (acide d-aminolévulinique urinaire) : c'est le témoin des
effets sur l'organisme après une exposition récente. C'est un bon
test en milieu professionnel en cas d'exposition brève ou accidentelle.
Il s'élève précocement dès la 2ème semaine et est bien corrélé à
la plombémie quand celle-ci atteint 600 µg/l. Sa sensibilité est
moyenne car il ne s'élève que lorsque la plombémie atteint 400 µg/l
et se normalise rapidement à l'arrêt de l'exposition.
- PPZ : les protoporphyrines érythrocytaires dont 95 % sont liées
au zinc sont des indicateurs de l'exposition des mois précédents.
Elles sont plus sensibles que le dosage d'ALA-U et fortement corrélées
à la plombémie lorsque celle-ci est entre 350 et 800 µg/l. En cas
d'exposition stable et prolongée, les PPZ sont de bons indicateurs
du pool de plomb biologiquement actif. Elles s'élèvent plus tardivement
que les ALA-U (de 2 à 10 semaines après le début de l'exposition)
et les concentrations diminuent lentement (2 à 3 mois après l'arrêt
de l'exposition). Elles permettent donc un diagnostic rétrospectif
alors que la plombémie peut être redevenue normale.
- Hématies à granulations basophiles (historique mais non spécifique)
-
Tests reflétant
l'intoxication
- NFS : anémie
microcytaire, normochrome avec ou sans hypersidérémie
- Hyperuricémie et insuffisance rénale
IV. Prévention
La solubilité des
différents formes chimiques du plomb est variable en fonction de la
forme chimique : le Plomb métal (Pb) est pratiquement insoluble dans
l'eau, le Sulfate de Pb (présent dans les batteries usagées) est faiblement
soluble dans l'eau et très peu soluble dans les solutions d'acide sulfurique,
le Carbonate de Pb (Céruse utilisée autrefois en peinture) est très
peu soluble dans l'eau, mais très soluble dans les acides notamment
dans le suc gastrique. Il faut donc pour évaluer le risque, tenir compte
de la forme chimique utilisée.
Le décret n° 88-120 du 1er février 1988 (modifié par les décrets n°95-608
du 6 mai 1995 et n°96-364 du 30 avril 1996) précise la prévention technique
et médicale relative à la protection des travailleurs exposés au plomb
métallique et à ses composés. Les modalités de la surveillance médicale
des travailleurs exposés au plomb sont précisément fixées par l'arrêté
du 15 septembre 1988 portant application de l'article 16 du décret ci-dessus
cité.
IV.1. Prévention technique collective et individuelle
- L'emploi de la
céruse (hydrocarbonate de plomb) du sulfate de plomb et de toute préparation
renfermant l'une de ces substances est interdit dans tous les travaux
de peinture.
- La concentration
en vapeurs, fumées ou poussières de plomb de l'air inhalé par un travailleur
ne doit pas dépasser 150 mg/m3 en moyenne sur 40 heures (=VME)
- Les travaux exposant
au plomb ou à ses composés doivent se faire en système clos et étanche.
- En cas d'impossibilité
de faire usage de tels systèmes, les emplacements de travail doivent
être équipés de moyens efficaces assurant l'évacuation des poussières,
des fumées ou des vapeurs de plomb, de manière que l'exposition collective
ou individuelle au plomb soit aussi basse que possible.
- L'employeur doit
fournir aux travailleurs ayant habituellement les mains en contact
avec du plomb ou ses composés, des gants en matière imperméable aux
produits manipulés.
- Lorsque les conditions
de travail comportent le risque d'imprégnation des vêtements par le
plomb ou ses composés, l'employeur fournit à chaque travailleur des
vêtements de protection individuels ainsi qu'une coiffure et des bottes
ou des chaussures de travail. Il en assure le bon entretien et le
lavage fréquent.
- Lorsque le lavage
est effectué dans une blanchisserie extérieure, l'employeur informe
le responsable de la blanchisserie de la contamination des effets
par le plomb. Les vêtements contaminés doivent être transportés dans
des récipients clos.
- Lorsque la VME
est dépassée, des appareils de protection respiratoire sont attribués
individuellement à chacun des travailleurs exposés au plomb.
- L'employeur doit
interdire aux travailleurs de fumer, boire ou manger dans les locaux
susceptibles de présenter des risques dus au plomb.
- L'employeur doit
veiller au port des équipements de protection individuelle (EPI).
- L'employeur doit
assurer l'information du personnel quant au risque encouru avec nécessité
d'observer une hygiène corporelle très stricte (à cet effet, des douches
et armoires-vestiaires individuelles seront mises à disposition du
personnel).
- L'employeur doit
informer le personnel de l'obligation de la surveillance médicale.
IV.2. Prévention
médicale : surveillance médicale spéciale
- Avant l'affectation
au risque, un bilan doit être réalisé. Il comprend un examen clinique,
un hémogramme, les mesures de la créatininémie, de la plombémie ainsi
que de la concentration de l'acide d-aminolévulinique (ALA-U) dans
les urines (rapportée à celle de la créatinine) ou de la protoporphyrine
zinc (PPZ) dans le sang (rapportée à celle de l'hémoglobine).
- Les modalités
de la surveillance médicale périodique dépendent des niveaux d'exposition
et des résultats des bilans antérieurs :
· lorsque
la concentration de plomb dans l'air est inférieure à 75 µg/m3,
la surveillance médicale comporte un examen clinique et une mesure
de la plombémie annuels.
· lorsque la concentration atmosphérique est comprise entre 75
et 100 µg/m3 ou que la plombémie est comprise entre 400 et 600
µg/l, la surveillance est semestrielle et comprend des mesures
du taux d'hémoglobine, de la plombémie ainsi que de l'ALA-U ou
des PPZ érythrocytaires (l'examen clinique peut rester annuel).
· lorsque la concentration atmosphérique est comprise entre 100
et 150 µg/m3 ou quand la plombémie est supérieure à 600 µg/l,
la surveillance biologique est semblable à celle effectuée dans
le groupe précédent, mais elle devient trimestrielle (l'examen
clinique est au moins annuel).
· Un seul résultat d'examen biologique ne peut suffire à prononcer
une inaptitude : un avis d'inaptitude peut être formulé à la suite
du constat renouvelé d'une plombémie supérieure à 800 µg/l ; la
mutation à un poste moins exposé est souhaitable lorsque la plombémie
est supérieure à 600 µg/l et que la PPZ dépasse 20 µg/g d'hémoglobine
(ou l'ALA-U 20 mg/g de créatinine).
V. Réparation
Le tableau
1 du Régime Général (18 du Régime Agricole) permet la reconnaissance
des intoxications professionnelles au plomb.
La liste des travaux exposants au plomb est indicative et comprend : extraction
traitement, préparation, emploi, manipulation du plomb, de ses minerais,
de ses alliages, de ses combinaisons et de tout produit en renfermant
; récupération du vieux plomb ; grattage, brûlage, découpage au chalumeau
de matières recouvertes de peintures plombifères.
Ce tableau est composé de 3 parties séparant les manifestations aiguës
ou subaiguës des manifestations chroniques et des syndromes biologiques:
V.1. Manifestations aiguës et subaiguës :
Pour toutes les manifestations aiguës et subaiguës, l'exposition au plomb
doit être caractérisée par une plombémie supérieure à 400 mg/l de sang
et les signes cliniques associés à un taux d'ALA-U supérieur à 15 mg/g
de créatinine ou à un taux de PPZ érythrocytaire sanguine supérieur à
20 mg/g d'hémoglobine, et pour l'anémie à un taux de ferritine normal
ou élevé. Ces manifestations sont les suivantes :
- Anémie (Hb <
13 g/100 ml chez l'homme et 12 g/100 ml chez la femme) : le délai
de prise en charge (DPC) est alors de 3 mois
- Syndrome douloureux
abdominal paroxystique apyrétique avec état subocclusif (coliques
de plomb) habituellement accompagné d'une crise hypertensive : le
DPC est de 30 jours
- Encéphalopathie
aiguë avec un DPC de 30 jours
V.2. Manifestations chroniques :
Pour toutes les manifestations chroniques, l'exposition au plomb doit
être caractérisée par une plombémie antérieure supérieure à 800 mg/l
ou, à défaut, par des perturbations biologiques spécifiques d'une exposition
antérieure au plomb.
- Neuropathies
périphériques et/ou syndrome de sclérose latérale amyotrophique ne
s'aggravant pas après l'arrêt de l'exposition : le DPC est de 3 ans
- Troubles neurologiques
organiques à type d'altération des fonctions cognitives, dont l'organicité
est confirmée, après exclusion des manifestations chroniques de la
maladie alcoolique, par des méthodes objectives : le DPC est de 1
an
- Insuffisance
rénale chronique : le DPC est de 10 ans
V.3. Syndrome biologique associant deux anomalies :
- Il doit comprendre
d'une part:
- soit un
taux d'ALA-U supérieur à 15 mg/g de créatinine,
- soit un taux de PPZ supérieur à 20 mg/g d'hémoglobine.
- d'autre part,
une plombémie supérieure à 800 mg/l de sang. Le syndrome biologique
doit être confirmé par la répétition des deux examens retenus (plombémie
et soit ALA-U, soit PPZ), pratiqués dans un intervalle rapproché par
un laboratoire agréé dans les conditions prévues à l'article 4 du
décret n° 88-120 du 1er février 1988 relatif à la protection des travailleurs
exposés au plomb métallique et à ses composés.
Le DPC est dans tous les cas de 30 jours.
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